Où va nous? La réponse est il me semble connue, direct in this fockin’ wall! Sauf qu’on veut pas et les WAMPAS non plus, qui le chantent ici sur un rock’n’roll ardent qui nous porte à croire qu’au fil des années leur élixir gagne encore en goût. Quinzième album et pas de baume, les guitares à la Thugs de l’ouvrant Où va nous? se chargent de le rappeler. Du rock qui mord, frondeur, et qui sur ces cons tire à la fronde. Vous savez bien de qui je parle. Les Wampas, eux, tiennent bien ce qu’ils font. En rangs serrés ils desserrent l’étreinte, A la guerre comme à la guerre. Les Chansons sur Toi, hymne à l’Amour, fait péter le démodé. Là encore le ton est appuyé, puis Pendu à Forbach le maintient dans le rouge. Sa batterie court vite, ses guitares Ramones (ce n’est pas une faute de Franssé). Où va nous? J’en sais foutre rien, j’ai bien ma ptite idée mais pour le coup on y va allègrement. En rockant, en braillant, en substituant la joie à leurs méthodes de véreux. Kenavo my love, qui débourre, se sépare. Les Coronados, sensible, rend hommage à la formation de chez la France, née dans les late 70’s et disparue à peu près 10 ans plus tard. Le clin d’œil est savoureux. Dans le même temps, l’imprenable qualité de l’opus s’impose.
J’ai les nerfs clame Didier, normal il a cru s’être fait tej’ ! La vigueur est punk, les mots à nouveau fantaisistes mais dotés de sens. Ou pas, parce que le fun c’est cool aussi. Une minute trente-sept, dopées au Topset. Ne cherchez pas dans les guitares, qui les met à l’honneur, sonne comme un tube. Cherchez (surtout) pas. Diédi s’époumone, son refrain s’enracine. Anarchiste intermittent, expectant le printemps, s’évite le pire; virer anar…intermittent. Il en profite, lui aussi, pour valoriser le disque. Un must, assurément. Même que Punk ouvrier, en 3/8, le confirme. Me vient en songe Joseph Ponthus, ex-éduc’ devenu d’usine. Le titre obsède, suivi de ce Pipi au lit asséné. Pisser au lit ça mène à ça, chantonner des songs d’insoumis. Gaëtane s’en tape, elle fait du hand oh merde les pinceaux je me mélange, de plus en plus belle elle permet un putain de track où les grattes tricotent joli-joli et le sentiment s’invite. M’est avis que ce Où va nous ?, écouté une fois, le sera sans compter ensuite.

©Mathieu Ezan
Pour ça on a justement Mont Ventoux, grimpé à toute vitesse sauf si tu restes en bas. Mais tout de même mortel. Comme l’album. Stylé, rageur, surfy par ici. Les Wampas savent jouer, s’enjouer, protester. Aline à Reykjavik, au taquet, twiste grave. La peur, de valeur à l’image du tout, déboite sans crainte. C’est sa faute répète le leader, tandis que son effort discographique s’en vient se hisser tout là-haut. C’est Jean-Luc qui le conclut, sur des « oh-oh-oh-oohh » bien punk et selon un entrain irrésistible. Là où d’autres se polissent les Wampas, offensifs, alignent standard sur standard et nous offrent quinze fournées de très haute volée.

