Loïc Lantoine & Marc Nammour, flamboyants diseurs-chanteurs qui greffèrent leurs mots et flows sur Fiers et Tremblants, reviennent avec Portraits crachés, fière série ou onze personnages « prête-nom » titrent les chansons et les parent de leurs ressentis. Rassurez-vous de suite la symbiose est intacte, Franck la lance sous des aspects jazzy-chanson de marque. La diction est rauque, son chanté-parlé la met en relief. Franck se débat, le duo lui s’ébat. 50 piges, et toujours le feu (à Franck je reviens). Il y joue. Bintou, sur saccades hip-hop et finesse instrumentale magistrale, chansonne -et chantonne- superbement. Il n’a plus froid. On reconnait, déjà, la marque, l’estampille Lantoinnamour. Jérôme Boivin, Tibo Brandalise et Valentin Durup, à l’unisson avec la paire, concoctent des trames remarquables. Rebecca, rap-rock bridé, bluesy, débite gravement. Il se symphonise, son histoire de vie impacte. Envoie-moi l’vinyle, Julien (Oliba, sûr est mon fournisseur!). Dans l’attente Sophie, aérien, enchante. Il rime joli, sérénise, depuis le CHU déchu Sophie marche à l’humain. A l’instar, somme toute, de Loïc Lantoine & Marc Nammour. Ici pas de posture, c’est pas le French Government hein! Yacine s’enracine, papa fiable dirait-on. La tchatche groove, porteuse d’ Amour. Dylan, sur riffs rock z’et rauques, claque des « lalalalaaa » révoltés. J’adore. Tu verras quand t’auras mon âge…et j’imagine déjà Jason, Donovan ou encore Brandon dansoter au son de ce morceau détonnant. Qui d’ailleurs accélère, courant au mur. Bon ça va, Sylvia freine la chute et la peau dure, endure. Ca jure par ici, il y a de quoi faut dire.

L’insoumission est en mission, l’Etat en vrac en prend pour son grade (le mot est choisi). Manif’ et coup d’canif. Des guitares, viciées. Olga, après ça, sert la pression. Et la fait retomber. L’Amour, encore, perdure. Mathieu de son électro dépaysante ravira son monde, on y parle…de pression. Décidément. Ca fait rien Portraits Crachés la balaye, j’ai envoyé les lyrics à mon pater sûr qu’il les kiffera. Fan de Ferré, de Dylan aussi enfin là c’est Bob mais il en porte pas. Bref. Bernard Jr, funky, parachève ce superbe disque. On dirait Arno, tantôt. Et pas que. Putain ces mots! La plume y’a rien à r’dire c’est du millésimé. Le Lantoine avoine, je vois bien son quat’ couleurs frotter la paperasse, la noircir acuitément. Quelques ratures, comme dans la vie. De la passion, de la pression (encore..). Portraits Crachés, splendides. Thomas, sa trame douce-amère aux sphères quasi psychés, mais picotantes. Ca déménage, tout comme le gonze. Tout ce que je sais c’est que demain existe/Que je devine la piste que la lumière insiste/Je t’invente un prénom j’ai repeint la maison/Et un bout d’horizon aux couleurs des saisons, j’en prends un bout mais à vrai dire l’intégralité des lyrics, de leur vêture sonore, mérite pour le coup et à coup sûr nos plus hautes considérations.
