Ayé revlà Tacoblaster, avec un album à te foutre par terre. C’est le terrain de jeu de Tom Caussade, c’est donc pas maussade et c’est un cinquième album garage/power-pop gorgé de titres jubilants. Toxic Surfer, de sons foufous en rythme appuyé, fait déjà sensation. Tranchant, fuzz et tout en spirales vertigineuses. Pyjama, lo-fi/folk, morceau de fin de soirée…pas forcément posée, se fait entendre. Magie des mélodies. Pop enchanteresse, turbulente aussi. Jelly Field, sa prestance sonique à la…Tacoblaster. Guitares nerveuses, synthés en volutes alertes. Notons, au passage, le panel élargi usité sur l’opus. Plan B, et le groupe en a plus d’un dans son sac, dévoile pour sa part un garage-rock fervent. La dextérité est conséquente, foule de sonorités addictives dans le cornet. Outer Space, psyché/aérien, étire le champ. Wendy, sensible et filant, claque une splendeur pop irrésistible dotée de chants féminins sucrés. Superbe.
Parfaitement conçu Digital Fun-Zone! crédite ses concepteurs; Magic Dog lui assigne une force rock pénétrante, en fougue incoercible. Toyland, dans la foulée, prend des airs déliés et ça lui sied visiblement. I Stay, cadencé, de batterie courant, suscite lui aussi l’enthousiasme. Sons et ritournelles, là encore, se couplent harmonieusement. Et dans l’énergie. Swirl Girl, surfy et agité, complète l’ensemble avec un putain de style. L’inventivité est confondante, les abords musicaux à souhait. Sans limites, hormis les siennes, Tacoblaster assure ses arrières. Slab City, d’abord discrètement électro, d’un genre singulier, transcende le style pop, le fait dévier et sortir de sa zone (de confort). Enfin et en guise d’ultime offrande Sing, à nu, lo-fi sans fard, boucle ce Digital Fun-Zone! que tout aficionado de rock sous déjante se doit d’acquérir sans plus attendre.

©Jean-Baptiste Laporte-Fray
