GONDHAWA est de France, d’ Angers alors tu penses… En trio intense il orientalise son rock, psyché, dépaysant. TÄKOMĀ, sa nouvelle fournée, se déguste de suite avidement, au son de l’ouvrant Takameyo qui de langue d’ailleurs en fièvre rock déroutante, donne le ton superbement. On est déjà emmené. Wha Ghena Ghenno, fonceur, excitant comme un Slift, exalte le psyché taré des trois acolytes. Les sons fusent, un break aérien se pose là. Sayarha, de riffs pointus en salves spatiales et nourries, fait à son tout sensation. Il change de voie, fait gicler des notes enivrantes. Perché et hautement inventif, GONDHAWA fuit le cadre. Thuaraï, blues voyageur, grimpe haut. D’un coup d’un seul il se déchaine, imparable. Ses fulgurances déboitent, ses vrilles c’est de la haute voltige. TÄKOMĀ ose, Eywa et son groove tribal à la I Mother Earth valide la forme optimale de GONDHAWA. Le trip est poussé, il reste pourtant à portée. Angers est loin, les bases ont disparu. Le socle est solide, mouvant, sans règles et variable. Des coups de boutoir l’illustrent, ahurissants.
A l’amorce du deuxième volet Lastik Mü, appuyé, autant puissant que nuancé, transforme l’essai. Olele Koko, climatique, suit dans un registre différent. L’évasion, elle, se poursuit. Dioko Saïko, évocateur, spatial et retenu, oscille en menaçant de rompre. Il gagne en ampleur, se fait massif. Sa force de frappe est notable. Banou Leï lui emboite le pas en se faisant alerte, de vocaux mélodieux en motifs trippy. Il s’emballe, griffu, racé. GONDHAWA fusionne, son registre déborde avec classe. Sa ferveur percute, sa propension à défricher défrise. Le terminal Hossora !, garage-kraut (et tellement plus) grésillant, propose une toute dernière pépite cinglante, hybride et d’orient, d’une qualité égale à celle de ce qui l’a précédé. Donc supérieure. Des lézardes le décorent, portant TÄKOMĀ au rang d’incontournable de cette fin janvier remplie de galettes hexagonales probantes.

©Josic Jegu
