Oyez oyez braves rockeurs, Fatima‘s back et il doome plus que jamais à la sauce grunge, même qu’ici on dirait MINDFUNK (le sublime et de poids Mammoth Graveyard). Sur scène il arrache, j’en veux pour preuve son live chez nous à Amiens même. Mais point trop vite, ce Primal est la cinquième sortie du trio. Déjà. Et s’il est bien évident que le groupe peut se targuer d’avoir confirmé, on a encore le sentiment, en l’occurrence, qu’il se surpasse. Sans nous faire attendre Sassquatch, ouverture puissante, massive, incisive, éraillée, le prouve. Les ingrédients FATIMA opèrent, au gré d’un tir plutôt tendu qui ne rechigne pas à s’enclumer. Des coups de semonce rythmique se nichent, le terme fait dans l’accéléré. Perfect. Mammoth Graveyard, cité plus haut, prend une voie plus « céleste » mais attention, la tension en arrière-plan perdure. Les abords doom s’enchevillent, la guitare se paye une embardée remarquée. Puis Killer Wart Hog, rythmé, ratisse 90’s tout en talonnant le Nirvana première ère. Cependant FATIMA, fort à son aise, se dispense d’influences criardes. Il les a becquetées, en primate affamé. Le morceau brise son élan, au profit de ruades nourries.
Bien parti Fatima sert un Dog Ham que des failles quasiment psyché bordurent avantageusement. A la moitié de l’épreuve, celle-ci est déjà franchie avec brio. Chilled Monkey Brains, alerte, sur groove maison, fait valser le planète et se fend de décors dépaysants. FATIMA performe, au sommet de sa forme. Il trace ses formes, personnelles, sans redevoir à qui que ce soit. Autonome, il complète savamment une discographie qui plaide en sa faveur. Il y a du Alice in Chains, aussi, dans ses entrelacs. Gazelle Horns, sensible, mélodieux, exalte l’album. Sa fin s’intensifie, à l’instar de l’entièreté de la galette. L’éponyme Primal, où la basse pulse, affirme à son tour le procédé FATIMA. Ses ritournelles séduisent, greffées à un rock de caractère. Primal est uni, sans travers ni défauts. Il emmène, en terres nouvelles, et se tape des sautes d’humeur qu’on prend forcément en compte. Son issue a pour nom Waters of Babylon, son ressenti s’entend. Elle s’orientalise quelque peu, sonnant dans le même élan le terme d’un opus majeur et le talent récurrent de ses concepteurs.


