Timshel, de Rouen, c’est YANN LAFOSSE (My North Eye) et SABINE DUBOIS, que j’avoue ne pas connaitre mais qui ici, s’illustre par ses textes et sa diction, de même qu’avec son jeu. Contre, au plus près du vrai, est leur œuvre commune. Celle-ci expérimente, folk et dark-folk, tantôt bruissant, magnétique. Les serpents sifflent, à l’histoire violente narrée avec calme, poste pour débuter un canevas folk de toute beauté, ombragé, qu’un harmonium je crois drape sans s’étendre. Quelques bruits inédits s’invitent, accentuant le sentiment de voyage. Les mots jouent, avec l’imaginaire. Sur huit minutes on est embarqué, happé par un univers singulier. Entre livres et soleils, dans la minute qui suit, chanté par Yann de manière sobre mais toute en ressenti, avant que sa comparse n’intervienne, honore la mouvance folk. Les timbres se rejoignent, complices. Jordan, à nu mais traversé de soudains éclats, fait à son tour merveille. Timshel s’écarte, des sentiers connus. Je suis la glace, au delà des 720 secondes, profite d’une instrumentation élargie. Son pur obscur se souille, se fissure, des cris en émanent. Superbe cacophonie.

En lisière Timshel guette, My religion s’égrène et répété, reste dans l’occiput. Sobre, il ouvre le champ à Petit R. de merde qui magnifiquement dénonciateur, libre et mis en mots avec un sens du tragique splendide, propose une durée conséquente qui en multiplie l’impact. On n’a sûrement pas fini, ce Contre, d’en courir les pourtours. Petit R. de merde part dans l’hurlé, le sonore subi. Traces de vie, d’un gros porc inassumé. Et je pèse mes mots, quand lui laisse les siens blesser, tuer même parfois. Timshel de tout ça fait son, pour mieux faire sens. On l’en loue. Tout contre toi, qui a pour socle un poème de John keats intitulé Bright star et datant de 1820, sème alors un drone spatial, que l’organe de Sabine perce avec douceur et ampleur alors que le compagnon de création clame des vers songeurs. Contre, autre et en marge, éblouit, déstabilise et en appelle à pelletée d’écoutes investies.
