Au dehors des inhabitués errent, en vieux d’la vielle d’ici je les oriente avec bienveillance. Avec mon téléphone je shoote la Lune, la nuit et ses reflets dans l’eau. On y est tous un peu, c’est ce que tenteront de nous dire plus tard les deux groupes prévus. Pour l’heure au guichet j’ai chopé le ticket, la sympathie de l’hôtesse est par ailleurs saluée par une dame à mes côtés. Fin prêt j’expecte, Fab’ passe avec le fiston et dans l’élan ou presque déboule le camarade conseiller. Quelques vannes plus loin la Lune ouvre ses portes, à l’intérieur les Young Gods sortent des baffles. En fan de la première heure j’aime ça, Beaucoup de bruit/Beaucoup de corps/Une guerre dedans/Une guerre dehors bon en l’occurrence on a des morceaux d’Appear Disappear le petit dernier mais ça fait largement l’affaire. Ben, loquace, m’évoque ses souvenirs de live. Ecris tout ça Benny, t’en feras un liv’ bientôt. J’opte pour le Coca, ni alcool ni substance de m++++ mon élixir c’est comme déjà dit le live. Et la vie. Avec Nous Etions une Armée, dans son chanté-parlé aux histoires de jours-déboires porteurs malgré tout d’espoir, on va êt’ servi. Brisé, comme Mario.D, mais bien vivant et inspiré musicalement, le band trousse des chansons entre électro, post-rock et lettre habile, teinté de rock et d’élans coléreux. Sa dynamique est contagieuse, le brassage malin et les titres valeureux. J’y mettrais juste, pour ma part, un peu plus de coffre. Mais mazette, que de songs accomplies! La liesse gagne la Lune, fort bien garnie. Les poèmes désenchantés lui parlent, il y a au sein de cette paire une agilité dans l’écrit, comme dans la formule, qui nous la rendent tout à la fois familière et attachante. Du moi et de l’émoi, de l’Amour à revendre aussi. Ca se refuse pas.


Nous Etions une Armée
Les hourras fusent, mérités. On dirait Fauve, tantôt. Hum. Nous Etions une Armée, s’il déchante, enchante. L’ouverture est de taille, elle titille l’intime et distille son espérance. Plus vivant que jamais je repends mes esprits, avant la collision Bonne Nuit accordéonisée. Une new-wave festivement contestataire, à nous flanquer par terre, dont j’ai d’emblée l’impression qu’en live elle se décuple. Du personnel, avec Nous Etions une Armée, on passe au plus sociétal en compagnie de Bonne Nuit, passionné de jouer, porteurs d’hymnes à reprendre. On dirait une rave, je rêve ou Café clope se déguste, dépaysant (l’accordéon, fichtre!), jusqu’à l’écœurement? Là encore les genres s’imbriquent, le refus de subir préside (le terme est volontaire). Les Végétaux, ode à la nature, sonne vertement. Mort aux riches scandé à l’unisson rafle la mise, j’adore de A à Z. Bonne Nuit réjouit. Mes Amis perdus je peux exulter, nul besoin de brailler des punkeries suffit d’gigoter. Les gimmicks synthétiques opèrent, La vie est belle en use pour accentuer la danse. Le dessert c’est Bonne Nuit, ladite chanson provoque satiété et Crier Vomir Pleurer ne servira à rien, elle s’est barrée alors y’a plus qu’à jouer. Bonne Nuit combat, s’amuse dans le même temps, poste une pincée d’ironie et réconcilie avec la vie. On l’en remercie, de singularité dans l’approche musicale en discours fédérateur serti d’incartades festoyant les deux hommes bien loin d’avoir failli nous en ont mis plein l’cornet et c’est très exactement ce que nous étions venus chercher. Terminé Bonne Nuit tertous ce fut derechef bien bon, la nuit amienoise m’avale et je feuillette au retour à l’immeuble ce captivant Petit Manuel de Résistance signé Audrey Gondallier et Flora Beillouin cueilli sur l’étal lunaire.


Bonne Nuit
Photos Will Part en Live!, auteur de l’article…
