La Faiblesse, à l’occasion d’un disque éponyme -son deuxième déjà-, avait déjà fait preuve de force. Un Jour Après L’Autre le groupe se forge, s’expurge, alimenté par des jours et des jours de déboire existentiel. Le procédé, au plus près du vrai, nous donne là dix titres qui du post-métal au post-rock, infligent à l’auditeur un post-mal-être significatif. La Chute, pavé crié, fait déjà bel effet. Ses notes sont belles, sa douleur palpable. Les guitares se mettent à trasher, mazette la dégelée! Avant La Fin, de subtilité instrumentale en vocaux déchirés pour ensuite s’adoucir dans la féminité, trouve lui aussi la cible. La Faiblesse, on le sait, dispose d’une belle identité. Se Lover Dans L’Ombre, pop mélodieuse, fait le beau et ça lui va tout comme à nous. Il s’enrage, sans perdre de sa patine. Dans La Nuit, à l’amorce aérienne, poste une ferveur communicative. On a là un groupe uni, dans ses ressentis, d’un bloc, dans ses créations sonores.
Chant colérique, chœurs de dame se tirent la bourre. C’est pas le seul atout. Partir riffe dru, malgré son titre il nous retient. Avec le métal il flirte, on ne l’en blâmera surtout pas. La Faiblesse, sans que le bât blesse, dicte sa propre messe. Seul, étoilé sur son début, reproduit la maestria instrumentale du quatuor. Il monte en pression, tiens la voix d’homme prend d’autres tons, pas loin du crooner déchu. Le choix est bon, le climat magnifique. Croire à Demain lui se féminise, sucré, insidieux, de mots valables. Encore. Sa deuxième moitié vire au plus brut, là aussi toutefois l’affiné perdure. Un Jour Après L’Autre, qui à la galette donne son nom, largue un rock massif et changeant dans ses ambiances.

Validé est le verdict. Tout est de choix, nul besoin d’être devin pour l’avoir saisi. Au Delà Du Mal percute, agité. Son fond se brouille, des textes narratifs d’intérêt se profilent. Un Jour Après L’Autre on écoute La Faiblesse, digne représentant de nos failles de vie. Alors quand Funambule, sur un fil, celui de jours fragiles, explose en un geyser d’espoir, il convient de sacrer tout à la fois la clique et son ouvrage, parlant et abouti, à la matière sûre à l’heure où l’être, lui, est dans le dur mais persiste à croire au pur.
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