Avec ce phénomène de NATHAN ROCHE, actif chez Le Villejuif Underground et C.I.A Debutante, impact rock et facétie doublée de joie de jouer sont de mise. Ses scènes marquent, ses morceaux font mouche et rockent avec un panache certain, au gré d’un registre tenu mais élargi. Ce mercredi dans la microbrasserie de la Filature, l’Australien désormais basé en France, non loin de l’Italie, s’est permis de régaler le public, seul et cela n’entrava en rien son set, flanqué de son chant, sa rouge guitare et son petit ordi dont s’extrait le reste. Ayant pour socle son excellentissime 35 Rue du Théâtre, que je lui ai d’ailleurs acheté après le live pour le modique somme de 10 euros, le bonhomme est, bien vite, monté en pression pour gratifier l’assemblée de chanson offensives, mordantes et concluantes. Juché sur une table, assis peinard au milieu des spectateurs ou encore vautré sur le tapis scénique, l’attachant musicien nous a tout bonnement bluffés, sans bluff aucun pourtant, au profit de la plus grande authenticité. S’enquérant, auprès de ma personne, de la qualité du son, ce à quoi je réponds bien entendu par l’approbation, volontiers partageur, reconnaissant qui plus est, il nous a joué 40 minutes sans creux, endiablées mais sans reléguer les mélopées, jusqu’à m’évoquer Iggy pour le côté wild -de même que dans le chant- ou bien, dans certains dons de guitare, mes favoris de Sonic Youth. Voire Lou Reed, tantôt, pour le timbre de voix.


Nathan Roche
Son spectre sonore, étendu, se montre de surcroît pertinent. D’un seul coup Claire, ex-collègue, ouvre la porte de derrière et paraissant surprise, rejoint le bar. L’ATS il est vrai n’est pas loin, Nathan s’en balance c’est pas son affaire mais il mène rondement la sienne. Il a du style, de la présence, une passion qui à la suite de cette venue amienoise l’emmènera en Belgique. La dernière fois que je l’avais vu c’était avec son band, à la Lune des Pirates, à l’occasion d’un gig foutraque et là aussi excellent. Sans ses hommes de main et sous le toit de Filature, il a toute aussi fière allure. Son concert atteint des sommets de qualité, d’intensité, et se dispense de médiocrité. Un bonus est offert, le maintenant dans l’énergie. Avec humanité il remercie, me redemande « si c’était impeccable » ah ben tu m’étonnes Anton on s’est fait électrifier et le sac à joie est plein à ras-bord, les cœurs comblés et les corps déverrouillés. Je lui souhaite au final bonne scène, chez nos amis de Charleroi pour amorcer le tour, en les enviant un peu tant la prestation fut ce mercredi à la hauteur des attentes locales.


Nathan Roche
Photos Will Part en Live, auteur de l’article…
