Korpus Kristi fut l’un des premiers groupes punk d’Allemagne de l’Ouest, outre son insoumission il fit preuve d’originalité et c’est bien pour cette raison que le recueil ici présenté a des allures de must-have. Korpus Kristi (Rough Mix) sans tarder en fait la preuve, ludique et doté d’un bien beau saxophone. Punk bien sûr, éraillé, mais joué. Stadt Der Blauen Eier (7″ Version), dans le mouvement, éructe sévère et titube, chaotique. Dein Gesicht dézingue, urgent et direct. Boykott Communication (Rough Mix), dont la basse mène la danse, vire au free et de par son refrain rallie. La folie est réelle, l’inventivité audible. Des sons indus fusent, bruts. Scharf, post-punk sans polissage, complète l’ensemble sans non plus se ranger. Unterm Glas suit avec, au départ, des ruades destroy. Sur plus de six minutes il erre, s’égare, sans direction précise si ce n’est la liberté de ton caractéristique de Korpus Kristi.

Pour la deuxième salve de six Ausgesetzt, lent et bancalement jazzy, de voix tarée, opte lui aussi pour l’investigation. Korpus Kristi ainsi se démarque, porteur d’un Rattentanz asséné autant que modéré. Tai pour sa part livre des premières secondes exotiques, mais ne tardera pas à s’encanailler. Le saxo le lacère, strident. Il est suivi de ce Freirakete in die Bonusstadt aux déflagrations marquantes, cinglé et flanqué de plans dépaysants. Stadt der blauen Eier déjante, Himmelfahrt le calme pourtant mais n’allez pas croire qu’il s’assagit. Il souffle un jazz hors-limites, bleuté mais anormal. Enfin Stadt der blauen Eier (LP Version), bourre-pif noisy et « sax-punk » à bloc, valide le énième bon choix, signé Tapete Records, de ressortir de très valables « vieilleries ».
