Axel Gaudron (Jim Ballon, Léa Ciechelski quintet), Léa Ciechelski et Yurie Hu (La Battue, Fantazio, Eliott Armen) forment Vaguent dont les pièces sonores, enregistrées live au théâtre de Vanves, doivent autant à la musique de chambre, au courant minimaliste américain, ou encore à l’ambient, qu’aux musiques improvisées norvégiennes. Violon alto, bugle, saxophones, piano, percussions se donnent le change pour enfanter ce jet éponyme violon aussi majestueux que déréglé, chez et en Figures Libres. Nids, déjà, poste un minimalisme orné de frémissements qui incite à l’attention. Et retient sa tension. Tracés, racé, se souille dans son éclat. Il change d’atmosphère, loin du tout…tracé. Hilldegarde, de chambre, se déploie sans hâte et élégamment. Vestiges fait ensuite dans la finesse, drapée toutefois de bruits flirtant avec la lo-fi. Il y a chez Vaguent des climats qui attrapent, réservés à l’averti. De-ca-ling, au mitan de l’album, impose un rythme à l’exotique, greffé à des vagues orchestrales loin du banal. Vaguent expérimente, la plupart du temps avec créativité.

Sur le second volet Roll, court, sème un jazz déviant. Barcarole propose après ça un tumulte bridé -dommage-…mais concluant. Judo.Air lui fait suite dans une parure d’obscur, cerclée de notes plus « lumineuses ». Il erre lui aussi, c’est le maître-mot de la formation concernée. Parcelles, aux syncopes presque indus, s’empresse de le démontrer. Les sentiers empruntés ne sont pas balisés, il résultent de l’imagination de Vaguent. Et stimulent la notre. …et puis, terminal, instaure pour finir cet alliage de beauté et de dévié qui répété, fait le sel de Vaguent et tout l’attrait de ses conceptions, tout en lui permettant de se passer de chant. Eh bien moi, j’en aurais mis histoire d’étirer plus encore la différence du tout…
