Katharos Chalkos est Grec, il chante dans sa langue et crée ici deux pièces expérimentales hypnotiques. Nommées I et II, elles voient la première tracer douze minutes où chant fantôme, draperie obscure et jazz d’un bleu nuptial s’évaporent. La voix vire au démoniaque, lentement le climat s’anime. Des montées surviennent, brèves. Sur le fil le track fascine, doté d’un saxophone libre, et va trouver en ce II captivant son digne prolongement. Au delà des dix-huit minutes en effet, on est happé par l’instrument mentionné plus haut, au feutre déviant et voyageur. Des brisures saccadées, vocaux à nouveau hantés, dépaysants de par la langue usitée, enfantent un tumulte inédit. Le point culminant est atteint, les vociférations prennent là une belle ampleur. Unique, Strovilos Eirmos dévoile un quatuor en marge et une paire immersive jusqu’à en son terme, inscrite au catalogue du très diversifié Inner Ear Records.


