Mickle Muckle c’est Français, ces gars-là n’ont rien à envier aux pointures. A l’instar, d’ailleurs, de pas mal de formations hexagonales. Leur premier album tangue sévère, A Cock And Bull Story le lance entre rapidité du rythme, synths en nappes foutues et voix sauvage au ton changeant. Déjà persuasif, incisif aussi, le groupe décélère soudain. Ca amène un plus, puis la frénésie reprend ses droits. Whose Side, de spirales de synths en cadence concassée, claque un post-punk aux relents cold. Folie créatrice et dédain des convention président. The Fall n’est pas loin, Juggle se jugule peu et son chant grave, de l’underground, dévie à l’envi. Le morceau reste quasi immuable, ça le rend obsédant. Posh, ensuite, impose sa sauvagerie enthousiasmante. Le cadre est posé, il tient en une propension avérée à sortir…du cadre. Mickle Muckle est une bien bonne trouvaille, merci Le Cèpe pour le mail promo! Whispers Never Spoken, à l’orée du ravin, trace et twiste sous le joug de jolies notes. Il va de soi, vous le pressentirez, que le déviant persiste. L’embardée guette, nourrie. On breake alors, dans un climat spatial.
Quelques poussées de fièvre plus loin Talk, céleste, fait respirer l’ensemble. Il ne se fissure pas même, après lui No Holidays For Slaves esquisse des notes à la Sonic Youth option psyché, à ses débuts. Très vite la vitesse, l’exécution possédée interviennent et chopent les manettes. Bazardage en règle, opéré avec maestria. Entrechoc des genres. Mickle Muckle groove grave, We Got To Get Moist l’y conduit lui aussi. Une bourrasque racée, qui consolide totalement l’opus en présence. Lequel, se finissant au son de Suicidien Broke (remix), coup de trique psychiatrique, vient se nicher « direct » aux cimes des sorties indé actuelles.

