Keyboard in a tree, paru chez Sony/Bmg en 2005, avait déjà distingué ce groupe bordelais d’obédience pop-rock « synth » occasionnellement 80’s. Ginger Frolic donc, qui après tant de temps refait surface et ce de belle manière, dans l’ensemble, fort de ce At the end of the rows adroitement charpenté. Conçu dans un chai humide, doté d’une production maison léchée proche de la pop de Phoenix (aïe…), de l’électro rock de Everything Everything et de la vibe synthétique 80’s d’un A-Ha, l’objet rassemble onze titres avantageux. Now I know, le first d’entre eux, couple synthés dignes d’être écoutés, chant de velours et allant bridé, saccadé/entrainant aussi, pour un lever de rideau de choix. Money killed my radio stars, ensuite, m’évoque The Killers. Hum. Il est pourtant bon. Le parti pris synthétique des Aquitains, lié à l’organique, fonctionne. Les mélodies font foi. Transformer, qui s’en nourrit, laisse fuser des sons cosmiques. UFO, ensuite, file autant qu’il rutile. On est là sur la bonne voie, grondante, « guitarisée ». Still a thrill, souple, groovant, donne lui aussi le change. Sans inertie, sans cascade d’audace non plus mais là n’est pas le but je présume, Ginger Frolic assure son rendu. On peut s’y fier, l’écoute le valide. Vulture, en son mitan, rocke avec ardeur. Ca revigore. Les synthés y dévient, l’impact du morceau et sa basse cold le sertissent joliment.
Quelques notess plus loin 7 venus and love blend, un brin trop tristounet pour moi, finit par décoller. Le savoir-faire de Ginger Frolic se perpétue, l’équilibre est constamment atteint. Lack of reflection, aérien, me laisse sur ma faim. Trop doucereux. Pourtant pas mauvais, loin s’en faut. Mais je lui préfère le saignant. Le déviant. When the first one is cloudy, qui lui fait suite, instaure une pop alerte. Suffisamment offensive, itou, pour rester dans les cranes. At the end of the rows, éponyme, privilégie alors des abords posés, subtils, avant une passage psych opérant, saccadé, orné de voix bien choisies. Bien joué. Pour un retour l’ouvrage penche du côté de l’accompli, Lax s’en vient le border dans une vêture pop sertie avec goût. Ginger Frolic s’en sort bien, assurément, et ponctue son come-back d’un effort de bon augure quant à la suite de son parcours.
