Incontournables, les Nuits du Blues abbevilloises drainent de belles affiches. Ce fut à nouveau le cas en ce vendredi, Nine Below Zero ouvrant pour Dr. Feelgood dans un espace culturel Saint André comble et bientôt comblé. L’évènement débute par les retrouvailles, souvent scellées par les dates locales, avec mon ami Laurent CAUCHY. Brigadier-chef, fut un temps. Aujourd’hui sollicité, à peine le temps de la saluer que Nine Below Zero fait résonner ses premières notes. Fichtre!, pour une fois que je me refuse à m’empresser! La rasade de pub-rock au malt rhythm’n’blues se déguste sans compter, une bannière hissée au dessus de la scène célèbre d’ailleurs la doublette du soir et sa tournée. Le set est rock, bluesy, jonché d’escapades guitaristiques qu’il m’arrive de trouver redondantes. Mais j’ergote, la clique de Londres a du nectar à revendre. A gauche la vieille garde est là, debout, dansant. Le public, mûr dirai-je, siège et paisiblement, tire profit d’une date mémorable. C’est ça les Nuits du Blues, des noms qu’Abbeville attrape pendant que d’autres cities les voient passer sans faire halte. En être s’apprécie, comme on goûte un grand cru. Au retour at home je chercherai en vain cet album, attrapé à la Malle à Disques de ma ville, pour prolonger le plaisir. Pour l’heure le quatuor et son harmonica en vue assurent le show, sans surplus, et nous servent une bribe de mythe. A Abbeville on est bien, en dépit de ce qu’aucuns prétendent il y a largement de quoi faire et le gig de ce vendredi le prouve. La buvette, prise d’assaut telle la défense angevine face au RC Lens hier soir aussi, trompe la soif de ceux qui soniquement repus récupèrent en lapant.


Nine Below Zero
Avec Puj’ (AKA Laurent Pujadas, rockeur cultivé et blagueur invétéré) nous devisons, le temps semble moins long. Nous percevons des notes, Dr. Feelgood s’escrime et son épée tranche dans le vif d’un rock souvent offensif. Ca me va parfaitement, Robert Kane affiche une dynamisme de jeunot et Gordon Russell tronçonne des riffs flingueurs. Le registre, ça va de soi, rallie de suite une assemblée conquise. En coin de scène je m’agite, danse sans bouger les pieds là est ma patte, tentez et vous verrez, c’est sans égal. Dans le même temps Mega Surf d’Amiens, au Charleston, offre sa release party. Pour les rater, seul Abbeville et sa prog’ à part peuvent m’attirer. Dr. Feelgood rafle les suffrages, aux urnes il ferait un malheur. Mon ami du journal d’Abbeville me pousse histoire de plaisanter, campé sur mes deux pieds je tiens bon à l’image de Dr. Feelgood, à l’écoute duquel on se sent bien. Feel Good, en Somme. Je grimpe les marches, les dégringole ensuite allègrement. Saint André c’est un peu mon chez moi, j’y ai vécu de bien belles choses. Loudblast, Lofofora et j’en passe. Sous nos yeux ébahis Russell arpente les gradins, la rythmique sans fléchir charpente la prestation et Kane poursuit son show en symbiose avec ses hommes de main. Radieux sont les visages, je scrute en vain les young faces. Dommage pour elles, être curieux n’a jamais tué. Ce samedi il y a par exemple Dirty Deep au menu, à l’issue et de toute façon personne n’aura à regretter d’avoir jusqu’ici tracé. Je pousse les portes, la fraîcheur d’un Ponthieu chaleureux me cueille et c’est ravi que je prends congé d’Abbeville, laissant sur ma droite la clinique Sainte Isabelle et sur ma gauche le Buffalo où l’été dernier m’a vu user bon nombre de mes tickets resto estampillés Association Tutélaire de la Somme.


Dr. Feelgood
Photos Will Part en Live!, auteur de l’article…
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