KO-MA vient de Tours, Portobello Bones en était et pléthore de groupes en lisière y crèchent actuellement. Dans ce disque crachant KO-MA expurge ses traumas, à grand renfort de rock teigneux, noise-punk et post-hardcore en toile de fond. Ca déboite comme j’aime, assurément; I.Light voit le power trio éructer sur des cadences syncopées, alors que l’instrumentation balafre l’horizon. Un premier boulet incendiaire, dont les breaks relancent le machine plein pot. T.Faked, dont la basse au début ondule, dévie lui aussi. De la noise de maestro, revendiquée. KO-MA tourne, sur scène comme sur disque, à plein régime. H.Eyed, en affinant le trait, étire son champ d’action. Il narre, rappe presque, et sème des motifs sonores captivants. Portrait d’une ville contée à travers le vécu de personnages aux attributs variés, Anthropolis pétrit les influences en en extrait sa propre matière. H.Eyed s’emballe, fiévreux. R.Pressure fait ensuite le beau, en son début, avant de franchement tracer pour après ça alterner rythmes et climats. La recette est efficiente, maîtrisée. O.Gain, de ses coups de semonce noise nourris, suivis de plans finauds, fait mouche quand vient son tour.
Produit élevé Anthropolis a du relief, du grief, de l’identité. P.Pattern en fait montre, sous les deux minutes il flirte avec le post-rock. O.Means, dans la minute qui suit, renoue avec la furia noise inhérente à KO-MA. On s’en réjouira. Sa hargne, sa harangue font sensation(s). Il en va de même pour N.Fit, à l’étendue vocale notable et complémentaire. Là encore les fissures, percutantes, s’invitent. A.Genic attirera également, sur le fil, dans un premier temps atmosphérique. Il monte en puissance, laisse filtrer une voix « racontant » aux mots qui font penser. L.Duty lui fait suite sur des tons initiaux quasiment folk, mais sans prévenir le post-hardcore remonté s’impose. Les tonalités se donnent le change, subtiles comme brutes. KO-MA signe en l’occurrence un debut LP magistral, et ce n’est pas fini puisque qu’une dernière mornifle intitulée S.Down se fait alors jour.

Sur plus de onze minutes celle-ci hypnotise, psyché, songeuse, évocatrice. Elle brise la matrice. Le cri s’y niche, après les murmures. L’exutoire est de taille, il ponctue une dizaine à la qualité inattaquable dont l’audace séduira l’averti. Excellent de bout en bout, Anthropolis dédaigne la norme, louvoie entre les genres et nous permet la découverte d’une clique douée au possible. Sa sortie sur moults labels choisis, en outre, en assied l’authenticité.
