Deux ex-Dickybird et Grand Final agissent dans diablerie., clique d’un rock pénétrant. 100 % indé, réalisée grâce à ses souscripteur·ice·s, la galette est servie par l’expérience et l’unité de ceux qui l’exécutent, à savoir Émilien Ignis (guitars), Amélie Gavalda (bass), Jean-François Thieulen (drums and percussions) et Doris Le Mat-Thieulen (vocals and tambourine). Du beau monde assurément, I Need en ouverture lâche soubresauts noise et chant insolent. Les Havrais, sur le bon terrain, accélèrent et les vocaux virent au plus mélodique, sans perdre en relief. Un début idéal, tonitruant, relayé par Run et ses premiers instants climatiques. Le tumulte, massif, saccadé, prend toutefois place. Sous tension diablerie. officie, sous ruades porteuses. I saw you s’amorce lui aussi délicatement, pour ensuite ruer dans les brancards. Noise, furie sonore et gouaille chantée. Motifs bellots. La colère, ensuite. Insidieuse. Une superbe pochette, qui m’en évoque une autre dont ma piètre mémoire m’interdit le souvenir précis. Le texte ici saisit, sur plus de huit minutes frémissements et accalmies voisinent superbement. Le terme s’enflamme, crié, pour souffler des notes plus posées.

I don’t give a fuck, sur le deuxième versant, riffe cru et laisse sa basse le ponctuer. A la Jesus Lizard, mais façon diablerie.. Ses convulsions font mouche, 19 kids sur une cadence alerte garde ensuite le cap. Entrainant, sans courbettes, incendiaire, il parachute un rock brulant. diablerie. a du chien, il balafre et balaie les affres. Fill my heart, sur ce même ton appuyé, consolide un album cousu main dont nous pourrons difficilement nous dispenser. Le morceau, sûr et mûr, a la peau dure à l’instar de l’entièreté de l’ouvrage. Another love song, qui le clôt, développe une sensibilité pop bienvenue aux coups de sang épars dont la principale issue est de couronner une huitaine diablement percutante.

