Producteur parisien électronique, aA.xO sort là son premier EP. Ses climats, variés, (expéri)mentaux, enfantent des vignettes sonores intrigantes. Passé l’effet de surprise, voire la fuite pur les plus récalcitrants, la septaine ainsi créée bouscule l’imaginaire. Haute Station, vaporeux, industriel par courtes bribes, développe d’emblée une atmosphère troublante. Il me semble percevoir, à travers la brume, au delà des secousses, des friches. L’urbex sonore débute. .reservoir, éponyme donc, trace une électro titubante, éthérée, que relaie Dreamy Fish III et ses flux que des sons détruits percent. Psychotrope, le titre fait son effet. C’est le cas, par ailleurs, de ce .reservoir dans son entièreté. C’est presque, quelque part, un échappatoire. James + Donna, pas loin du serein, lui affuble des abords clairs. Mais pas tout à fait, car les bribes de chant et légères ruades font dévier le morceau.

©Lucie Hodiesne Darras
aA.xO se démarque, c’est l’évidence même. nuit 2^5 se fait jour, si je puis dire, de ses vagues nuptiales. Sa cadence, au bord du hip-hop, se hache. On ne peut se retenir, lors de l’audition, de s’en draper. K. accentue ce ressenti, il louvoie et hypnotise. Brûme, chargé de finir, crache des esquisses acides, spatiales, perchées, qui dans le ton de l’EP en présence le mettent à l’écart de toute norme tout en en poinçonnant la captivante et déroutante différence.

