Une vie d’zik longue non pas comme le bras, mais comme les deux. Une vérité de toujours, des vécus groupaux significatifs et désormais ce parcours solo moucheté d’americana. Devenu Tio Manuel, Manu Castillo en vient ici à The Track of the Magnificent 9, son neuvième album studio. Une collection d’hymnes que The Mooriand, « america-folk », amorce dans une mélancolie bien parée. Elans country, rythme vif. Du taf bien fait, as usual avec le gaillard. Des guitares de marque, qui flamboient sur le suivant Once Upon A Time entre spanish et english. Ca rutile sévère. Hermosa Princesa, léger, prend le relai avec la marque de ceux qui sûrs, font preuve de justesse. Le ton est rauque, le duel des voix scintille. Fall (La Caida), ensuite, urge sur des enrobages rock rugueux et vivaces. On note l’apport des guets, en nombre, dont les deux dames; Lila Frogg (choeurs anglais) et Sofía Miguelez (choeurs espagnols). Polvo En La Alma, délicat, étaye l’ensemble de son nacre dépaysant/hispanisant, au drumming saccadé. Après lui Hope Is Better Than Dope, et c’est bien vrai, rocke et blues non sans prestance. Dans le jeu comme dans l’ornement The Track of the Magnificent 9 assurément séduira.
Pour ce faire El Golfo, de son mid-tempo chatoyant, se présente et valide la tenue de l’album. Let’s Ride vrombit, lâchant une pop-folk alerte. La qualité est ici omniprésente. Les plans musicaux dégagent passion et feeling, Big Easy l’apaisé s’en fait la preuve. Je lui préfère, toutefois, les chansons plus « wild ». Son harmonica malgré mes dires reluit, sa voix et ses motifs n’en font pas moins. Les grands espaces s’esquissent, The Track of the Magnificent 9 a du chien et c’est justement celui de l’artiste qui sur Louisiana Blues aboie, ponctuant un terme à mi-chemin du rudoyant et du désarçonnant. Excellent, The Track of the Magnificent 9 perpétue magistralement le savoir-faire de Tio Manuel et ses fiables acolytes.

©Flo Coignard
