Chaton Laveur, de Liège, pousse ici le bouchon. Déja vanté en ces lignes le duo nous régale de son Labyrinthe kraut, à la Yeti Lane tantôt, motorik, aérien, à d’autres endroits plus fusant. Julie (guitare, basse, chant) et Pierre (batterie, clavier, chant) naviguent, entre les genres, les ères, et débutent là avec leur IN spatial et répété jusqu’à pénétrer. Contre-la-montre, ensuite, dessine un kraut-cold et aérien du plus bel effet. Il rêvasse vivement. Le chant lui aussi songe, un break se pose soudain. Le terme reprend sa course. Dans la foulée La Source, saccadé, flotte sous la (douce) brise qui après cette amorce s’intensifie. Labyrinthe explore les thèmes du temps qui passe, du rapport à l’image, de la rencontre humaine et de la quête de soi. Ca lui fait honneur. Fantasía, cold, l’avantage tout autant. Il s’embrume, vaporeux. Sur la fin il tempête, magnifique. Aventura prend à ce moment la barre, clair, conçu dans une pop de charme qui toutefois, se plait à gronder.
Brise, Brume, sur le second volet, exploite un sentier en ruades célestes. On s’y laisse prendre, sans résistance. Il reste sous tension, prêt à plonger. Son effet est sûr. Vertige lui emboite le pas en se faisant climatique, dans un velouté à deux voix. Il s’emporte, s’épaissit. Excellent. Bonhomme De Neige, loin de glacer l’opus, y fait fondre l’enfance. Il s’anime lentement, patiné, et suscite une certaine forme de nostalgie. Mirada, plus urgent, me fait penser à Motorama. En version kraut, revu par les indisputables Chaton Laveur, et porteur de tons changeants. Labyrinthe, il fait bon s’y perdre. La porte de sortie, nommée OUT, crayonne une canevas psych…psychotrope, juste étendue au IN introductif, en conclusion d’une œuvre largement accomplie.

©Julien Trousson
