Le quatuor marseillais (linktree), opus synth-punk détonant dans le viseur, répond aux questions de Will Dum…

1. Crache sur qui, les « dirigeants » par exemple ? Sur quoi, le système peut-être ? Dans la soupe, par terre ? Comment Crache est-il né ?
Crache partout tout le temps sauf dans la soupe ! Le nom veut tout et rien dire, c’est aussi absurde que punk. Le groupe est né d’une envie collective de cracher.
2. Vous venez de Marseille où, j’en fais le constat depuis plusieurs mois voire années déjà, la scène rock indé prend une ampleur certaine ! Vous confirmez ?
Nous confirmons complètement. Nous avons la chance d’être entouré de groupes solidaires les uns avec les autres. Tout le monde se connait, joue ensemble et se tire vers le haut, c’est très agréable.
3. Après 2 ep sort votre premier album, Plein Soleil. Que vous ont permis les 2 ep précédents et s’agissant de l’album, comment l’avez vous conçu ? Est-ce votre Plein Soleil, ce disque, ou
comporte t-il sa part d’ombre, de doute, d’incertitude(s) ?
« Crache » (2023), était notre première tentative naïve à l’enregistrement. Nous nous sommes enregistrés nous-mêmes, nous avons joué chaque instrument l’un après l’autre pour coller le mieux possible aux démos de Nathan. Ensuite, arrivés au master, nous avons décidé de tout saturer afin de retrouver un charme Lo-Fi, pour peut-être cacher les imperfections musicales en torturant la forme.
Pour « Éclaircie Sauvage » nous avions envie de retranscrire le mieux possible l’énergie live de nos compositions. Nous avons enregistré tous ensemble, en même temps. Le processus nous a énormément plu et nous avons donc décidé de reproduire l’expérience avec « Plein Soleil« . Ici nous voulions trouver un juste milieu entre live et production, garder une base vivante tout en multipliant les overdubs. Comme toute réalisation artistique, notre album comporte son lot de doutes, surtout lié à l’objet en lui-même. Nous avons beaucoup de respect pour ce format et nous avions envie de fournir la meilleure version possible, après beaucoup d’hésitation il fallait passer le pas.
4. Plein Soleil fut enregistré dans des conditions majoritairement live, c’est un aspect auquel vous tenez tout particulièrement ? Et le froid de la grange dont il est issu, c’est pour faire contraste avec Plein Soleil ? 🙂
Il faisait vraiment froid dans cette grange ahah. Nous avons trouvé le nom de l’album après coup, c’était l’occasion de faire un bon mot.
5. Vous chantez en Français, ça vous sert à masquer les lacunes en Anglais évidemment (joke) ? Je trouve à l’écoute, en tout cas, que le choix se justifie…
Le chant en français s’inscrit dans une recherche de sens. Chanter en anglais crée immédiatement une distance avec le public français. Vu que ce n’est pas notre langue natale, nous pouvons ressentir une forme de dissociation durant la performance, c’est étrange… Il est important pour nous de nous sentir proches de notre propos.

Pochette « Plein Soleil »
6. Quels sont vos thèmes les plus récurrents ?
Nos textes parlent principalement de sentiments; plus l’idée est simple et imagé, plus elle communique d’émotions. Il est difficile de tirer un seul thème vu qu’il s’agit d’écriture automatique, tout le monde peut y mettre ce qu’il veut.
7. L’opus sort chez Howlin’ Banana et Ganache Records, comment qualifiez-vous ces deux labels ?
Howlin’ Banana nous accueille depuis « Éclaircie Sauvage » et nous en sommes très reconnaissants. C’était un rêve de gosse de faire partie de cette famille. Ganache Records est le meilleur fabricant de cassettes de Marseille donc de l’univers, Fabien nous suit depuis le tout début et nous adorons travailler avec lui.

Photos Quentin Baridon
