Des rouennais, Past Color. Puis des rennais, Caduta Massi. Voilà le programme réjouissant (on connait la portée rock des deux villes citées) du 1001 Bières, en cette fin de vacances hivernales, porté par deux trios dont le brio s’est très vite fait entendre. Et dont la dextérité, de même que l’identité affirmée, ont fait de ce vendredi un temps fort que l’absent peut regretter d’avoir raté. Ambrée dans le gosier, tard arrivé et c’est voulu puisque dans ce cas pas d’attente à n’en plus finir, c’est attiré par la singularité de Past Color que je me dévêtis pour recouvert d’un t-shirt Cité Carter, tirer profit d’un registre saisissant. Past Color, en effet, c’est l’évocation et la force de frappe (savamment nuancée) mariées, des textes poétiques couplés à des vagues instrumentales entre nerf et splendeur. Un genre nouveau, psyché, mélodieux comme il peut percuter, travaillé. Une fresque, comme justement précisé sur le Bandcamp du groupe, dont les arabesques enchantent. Past Color se vit plus qu’il ne se définit, dans son imagination se meut une mouvance personnelle. Le Français lui sied, ses poussées lui refilent de l’ampleur. 70’s et bien plus, prog mais sans lassitude au bout du compte, loin s’en faut, Past Color donne forme(s) des paysages captivants, qu’une pincée de coups de vent font vaciller. Son set est magique. Il chatoie, rudoie, ratisse large et respire les grands espaces, jalonnés par un rock racé à souhait.


Past Color
Largement convaincu j’erre dans le 1001 Bières, plaisante, souris d’en avoir été. Les jeunots de Caduta Massi exécutent un stoner « from the desert » belliqueux, massif et parfaitement joué. Ils sont bluffants, leur maîtrise est marquante. Là aussi les vignettes sonores impressionnent, les riffs mordillent et l’aérien trouve place. Le groove est contagieux, inendiguable. Attaques lourdes et hausses rythmiques bien senties nappent le gig, du haut de gamme à vrai dire. Pas loin des grands Caduta Massi promet sévère. Des airs de Fu Manchu s’en extirpent, c’est dire la valeur de ces trois-là! Nous vivons un Friday sans inertie, de guitares geyser en cadences reptiliennes ou bien plus frontales. Les vocaux eux aussi postent du relief, de l’implication. Il est bon, là où d’autres programment deux formations à l’identique, de trancher quelque peu en termes de genres. La surprise n’en est que meilleure, telle la saute d’humeur de Swallow the Sun. Au bar on vire à l’ambrée, ou plutôt à l’ambré: Ambré Dussolier, Ambré Rieu etc…nous sommes de grands enfants, des Peter Pan emmourachés de rock et en ce sens les cliques invitées ce soir remplissent magistralement leur rôle. Elles excellent; il ne serait par conséquent nullement étonnant de les retrouver, à l’avenir, trônant au fait de la hiérarchie hexagonale.


Caduta Massi
Photos Will Part en Live!, auteur de l’article…
