Nouvelle formation indie / shoegaze parisienne, Dewey mêle nostalgie pour la fin des 90’s et modernité, à l’image de groupes de la scène indie US actuelle comme Wishy, Wednesday ou encore Slow Pulp. Moi ça m’suffit, l’écoute me démontre d’ailleurs que loin d’être dans le tort je risque au contraire de me régaler. Pépite initiale, City Has Come To Crash me berce de son shoegaze en flux indolents, déjà magnétique. Outside Of The Lines, noisy, ne t(r)acte pas moins. On entend, d’ores et déjà, du certifié. Chant de sucre, motifs récurrents. Role Model, en lentes saccades. Un Jinx à la M.B.V., truffé de ces sonorités en boucle. Dewey fait bien les choses, Face Out l’amène sur un versant pop sensible en doux-amer colle-au-cœur. On le chantonne, les yeux fermés, en regardant…nos shoes évidemment. Better Safe Than Sorry, à la moitié de l’échappée, se distille flemmardement. Il s’incruste, à son tour, dans les faveurs de l’auditeur.
Avec Void, alerte, on maintient un niveau plus que respectable. Summer On A Curb, d’abord à nu, prend le relai. Il s’anime, amicalement, dans la joliesse. Tough Crowd dans la minute suivante se présente, lui aussi patiné. Le charme pop est évident, les contours charmants. Dewey plaira, il a tout pour ça. Il gronde avec assurance, maculant ses ritournelles. Yesterday After Dawn, rêveur, les met en exergue. Des montées désempressées surviennent, louables. Cardboard termine alors, rapide, une bonne dizaine dont aucun élément ne peut être censément extrait.

©Guillaume Dufour
