Avee Mana vient de Marseille, où de plus en plus l’indie se niche. Son rock affectionne les mélodies, il apprécie aussi la déviance. Layers, d’emblée, ouvre ici le bal en conjuguant force et légèreté. Green Budgie use lui aussi de rafales « guitaristiques » alors que la voix, pour sa part, reste avenante. Il y a de suite, à l’écoute, une immédiateté, une évidence dans le rendu qui élève Avee Mana. Un break arrive, de pair avec des bruits loufoques. Jamais figé le groupe performe, Love 101 prend une voie plus massive qui flirte avec le stoner mais sans en être. Demeure la poppitude, magnifique, qu’Avee Mana zèbre à l’envi. Il peut virer psyché, se fader des incartades soniques enchantantes. On le suit, bien volontiers, dans ses sentiers tarabiscotés. Celui qui mène à Catalina trace d’abord, fuzze, et rafle la mise. Le cristallin et les élans expé voisinent, haussant encore le cran. A Rose Is A Rose, joliment épineux, dessine une pop racée. Il flotte à la brise, délicat mais doté de nerf.
En poursuivant la visite Stealer, sur chants d’oiseaux en ouverture, la joue à l’Anglaise avant de riffer cru. Il oscille, tout en gardant sa justesse et son équilibre. Les guitares bavardent, la rythmique ondule. Basic Needs rudoie ensuite, non sans panache, et sent parfois l’encens 70’s. C’est à la croisée des ères, des tendances, que se poste l’opus. Ca lui réussit. Il a de l’allure, dépasse du cadre, marie le poli et l’insubordonné. Tune In prend un teinte shoegaze, mazette j’adore! Lui aussi serpente, 90’s, attrayant. Reminder suit, dreamy. On s’en souviendra, nul besoin de nous le rappeler. Enfin Always, dans un nacre aérien de teneur quasiment psych-folk, traversé de brèves fissures, borde dans l’errance porteuse un ensemble d’excellence, conçu par des Phocéens aux capacités élevées.

