Vanilla Blue nous est précieux, c’est un peu notre Husker Dü à nous. Dark Cities lui donnait crédit, Sweetheart fit de même. Avec Back To First Nights, porteur de thématiques liées à l’humain et par conséquent d’un réel intérêt, j’ai de suite le sentiment que la portée s’est décuplée. J’y entends tube sur tube, Shadow dancer pétille à la Mega City Four et claque une mélodie dont on peut se défaire. Le gimmick de guitare, lui aussi, colle à nos basques. L’efficacité est totale, Blow me away va plus vite encore et même Bob Mould himself en verdirait à l’écoute. Punk, pop, rock, énergie sans surpoids assurent un rendu irréprochable. Words unsaid, évocateur de souvenirs récurrents, sonne comme un tube. Les chants se greffent, la durée des morceaux ne les rend que plus impactants encore. C’est donc le cas, aussi, de ce First time à la jeunesse perdue dans le texte mais bien présente dans le son. D’une gorgée la potion Vanilla Blue tapisse le gosier, régale son homme et empile les réussites. Les guitares, dans des solos restreints, parachèvent l’issue.
New morning, vitaminé, maintient un niveau élevé. Sa hargne le hisse, puis Self care dépote dans le ton de l’ensemble. A aucun moment l’ennui, ou le creux dans le résultat ne parviennent à perturber l’opus. Being nice, dont la basse galope, fait remuer mes genoux. Je jubile, en plus de ça le groupe assure lui-même la promo de son petit dernier. DIY et doué, il propose des ritournelles addictives. Time changes everything, d’un début presque cold, mue vers un rock modéré du plus bel effet. Les vocaux, à l’éraillé porteur ou au contraire doucereux, font leur effet. Vanilla Blue, je le prétends, se surpasse. Unawareness, alerte, vigoureux, fera des heureux, les instruments y Livrent une glissade à la PIXIES alors que ses chœurs l’embellissent. La première écoute en appelle bien d’autres; I wish I was your song, folk sobre, reluit. Son ressenti s’entend, Never called to say goodbye réitère d’ailleurs dans la foulée ces élans folky superbes. Avant, impulsif, de rocker à la Vanilla Blue. La fin n’a jamais été aussi proche, on a jusqu’alors tiré grand profit de la galette et Some will say, lingot fait maison, sert pour finir une pop-rock cachetée entre rythmique unie et entrelacs de gratte inspirés. On brandit alors le panneau avec la note maximale, un peu comme à l’Ecole des Fans (que nous sommes) et à juste titre, à l’attention de ce Back To First Nights sans rature aucune.

