Ni serviles ni dociles les filles d’Animo Virile jouent un son de niche où rythmes électroniques et percussions organiques, énergie brute du rock, tension hypnotique du violon, pulsations de la basse et voix chantées en français s’alignent, ou pas car les lignes droites on les réfute, jusqu’à dessiner des trames singulières. Qualifié d’électro-rock primal, le duo constitué d’ Amélie et Elvina s’interchange, visiblement complémentaire. L’EP en présence rassemble ses six premiers titres, d’ emblée Pour Personne détone en faisant battre une électro-indus au refrain convaincu. Nappes entêtantes, psychotropes, et violon free s’accordent. A bout de cordes. Entre rage sourde et fierté d’exister, le début d’ores et déjà rallie. Nuits, entre instinct et raison, s’emporte et le violon à la Orange Blossom passionne. Les paroles, d’intérêt, feront penser. Ou décompenser. L’électro ici déployée est nébuleuse, sous battement de vie. La découverte, je vous le livre, se vaut d’être partagée.

Te Noyer, spatial, occupe le troisième rang. Et il tient le sien, amorcé par l’instrument dépaysant évoqué plus haut. Le chant se noie, tel son sujet. Entre allure et sortie de gond, on a là et encore un morceau de marque, cinglant, d’entre les genres. S’élever prend le relais, du chaos il potentialise. Il s’élève. La formule de ces dames est à part, on en bouffera par conséquent une large part. « L’enfer n’est pas qu’un châtiment, C’est aussi le berceau des rêves. Chaque épreuve est un pas. Qui t’élève vers le délice ». Les mots une fois de plus entrent en résonnance. Impardonnable dans l’aérien s’étire, se saccade avec vivacité. Sur plus de sept minutes, il alterne les tons et s’empare au final de tous.
L’emprise est forte, Animo Virile dépose un Ce que tu crois à la Risqué, fracassant, renversant, et dansant au son de l’ orientalisant. En combat Animo Virile s’ébat, s’ébroue, fuit l’imposé. Alors 1.2, prologue en matière à se (re)penser, à se re-panser, conclut une série probante en tous points, imaginative, en socle inébranlable au refus de nos conditions respectives. Elles ne disparaitront, je l’espère, pour personne…

