Duo basse tambour DIY minimaliste, poésie punk et joyeuse. Victoria James Geiseler et Diane Borderieux ont initié le projet en 2022, leur « pink punk » a depuis essaimé sur des singles et un EP. Scéniquement le duo a œuvré sévère, et voilà que son premier album fleurit sur treize titres fun, à la GRIFE assurée. Les orléanaises allient, sur l’ouvrant Fake It, chants angéliques et basses groovy cerclées de sons de traviole. Impec. Bien parti(es). Soeur d’Oranger, éponyme, léger et d’amour. Joyeux, rassérénant. TGGC, tumultueux. Synthés B 52’s, galopade enthousiasmante. Coups de semonce, vigueur punk la connerie et les dents ébréchées en moins. Idem pour la 8.6 tiède. Schliebedich, dansant. GRIFE use du riff, du gimmick. Le Loup, c’est toi. Rock, pop et la-la-la. The Anchor Song, lui aussi, défie le pré-tracé. Lyrique, saccadé, océanique, signé Björk à la base. On s’attache, sans tarder, à Soeur d’Oranger. A ses Figures Libres. Terminal, qui ne l’est pas, y saupoudre ses ritournelles. Ses sautes d’humeur, avant qu’ Acalanto ne propose d’assagir l’ensemble. Mais joliment.
Joni, lui, twiste davantage. Il rime marrant, s’invente une vie. Il est pas l’seul. Sa fin vire au vacarme. Kebab Mirage, salade tomate oignon dans l’buffet, laisse sa basse serpenter. Il redescend, c’est l’heure de l’addition peut-être. J’ai bu un coup avec Léna, ce soir, et c’était juste trop bien. Cette fille respire l’intelligence. Je reviens à GRIFE, Girlcott le conforte. D’un genre hybride Soeur d’Oranger bouscule la bienséance, Virginia Wouf abandonnée s’emballe soudainement. Je comprends pas tout, mais j’aime ce bordel-là. Petite Pâte y met fin en trippant, psyché, dans la dernière ligne droite sereine d’un opus captivant et inobéissant.

©Zofia Zlominska
