Venu de Capbreton (Landes), MAFIA SOFA dégorge un rock sauvage assez « Oseesien », qu’un Ty Segall aurait à coup sûr approuvé. Après un premier EP, les neuf morceaux de ce UNEXPECTED VOICE bouillonnent et libèrent leur tension(s), crissant tous azimuts. In my city, de ses sonorités en volutes, de sa voix fluette déjà en vue, dégomme le premier. Sans chaines MAFIA SOFA enchaine, se modère sans que ça dure, laisse filtrer un geyser garage/psych-rock embrasé. Pied au plancher Unepected voice fuzze, lacère, pulse sous une bass-batt’ aiguisée. Le tout vire au wild, puis Jellyfish nage en eaux troubles. Il y a des airs de Butthole Surfers, ici et là-bas, dans le taf du trio d’en France. Evil genius, fonceur, se saccade et riffe solide. Les genres sont entrechoqués, le rock orangé en trait commun leur sert de fil rouge. Ghost song, aérien puis au taquet, fait dans la schizophrénie.
On a là, face à nos écoutilles en toute émoustille, un groupe de marque. Lick the toad expérimente, on le sent prompt à se lézarder. Il rue, jamais à la rue, et claque des pulsions déjantées. See, ensuite, sonne un peu comme le post-punk d’antan. Créatif, bardé de sons au soufre. Il reste sur le fil, offensif, et parachève l’approche de MAFIA SOFA. What the hell part en course, légèrement surfy. L’urgence, l’écart chanté sont ici de mise. D’une gorgée UNEXPECTED VOICE se lampe avidement, une pincée de plans psyché hirsutes l’ornent. Il revient à The cog de le border, ça se fait dans le tir tendu sur tapis de voix viriles au break perché bienvenu. A l’heure où beaucoup baissent la garde en fin de compétition MAFIA SOFA, lui, maintient les aiguilles in the red et se fend d’une réalisation entièrement percutante.

©Yan Renaut
