Passé par notamment Girls Against Boys, où sa voix éraillée fit merveille sur pléthore d’albums indispensables (et toujours en live à ce jour), mais aussi chez AGRIO, New Wet Kojak, Soulside ou encore Paramount Styles, Scott McCloud s’essaye à l’effort solo sur ce Make It To Forever reluisant. Comparé à Cohen ou encore Angels of Light, le néo Autrichien basé à Vienne fait merveille. Obscur et minimal, enfanté dans le retrait, l’opus déplie d’abord un superbe Make It To Forever, éponyme donc, comme joué à nos côtés. Folk, sans chair en trop. On entend, ici, une voix féminine murmurée qui complète celle du bonhomme. Le rendu est éclatant. Down Through The Stars, à l’acoustique sensible, ne l’est pas moins. En crooner du crépuscule Scott McCloud rallie, allant à l’essentiel, parant ses efforts d’une peau ajustée, en clair-obscur teinté de pur. Les décors le créditent, tantôt vêtus de cordes. Moonlight Stagedive, d’obédience pop-folk vive, voire rock, poste là sa belle énergie. Un saxophone libre vient le moucheter, magnifique. On revient alors à une chatoyante sagesse avec Abandoned In Flames où le violon s’illustre, parachevant le résultat. De temps à autre le propos se fissure, prend ombrage, mais sans rompre.
Come Around, à la finesse saisissante, orné lui aussi d’un organe de Dame, répète ses notes. De ce fait il s’insinue, laissant ensuite (I Got) Devotion au mitan de l’album suinter une folk rêche et cuivrée sans chaines. Il se confirme que Scott McCloud, ici, trouve et décline sa propre définition. Spaceship la perpétue, folk claire au mid-tempo superbe et entrainant. Skin Of My Teeth, de ses abords bluesy, ne séduit pas moins. L’option dépecée n’entrave en rien l’intensité, la portée de l’instrumentation qui par ailleurs, irrigue l’opus et lui donne bien belle allure. Hold Me Tight, comme pour illustrer mes dires, monte en puissance jusqu’à sa redescente, sublime. Somewhereness, souillé avec prestance, le relaie. Il s’agite, sous les tambours. Sa fin s’offre une percée lo-fi, faisant de ce Make It To Forever une pièce à posséder. Et dont l’ultime offrande, Staring At Yourself, dessine une mélancolie contagieuse. Réussite totale, Make It To Forever offre à son auteur l’opportunité d’œuvrer en son propre nom de manière flamboyante.
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