Mansion’s Cellar vient de Dournenez, un premier EP a déjà marqué son avancée. Son rock, vitaminé, dépayse (le saz, typé tout autant que le saxo) et flirte avec plusieurs genres. Sh*tshow, premier album du quintet, recense dix morceaux qu’on s’envoie avec joie, le titre éponyme instiguant une trame kraut/post-punk vive et obsédante de par son refrain. Nous voilà déjà bien. L’Orient guette, le brassage étourdit. Les voix s’allient, la bourrasque éclate. You and I, également appuyé, racé, confirme l’impact. On se laisse porter, gagné. Un break électro du lointain survient, bien placé. L’énergie rassemble, le contenu se distingue. Rendez-vous, presque 80’s d’abord, doté de sonorités qui l’avantagent, reptile jusqu’à nos sens. Ses chœurs l’embellissent. Wide awake?, dont le saxophone couine et embra(s)se, couple voix grave de marque et syncopes à la Gang of Four. Impeccable. Mansion’s Cellar marque des points, impose une vision bien à lui. Mid mid, à l’allant décisif, poursuit le trip sans dénoter. Il crédite, bien au contraire, le groupe dont il est ici question. Ses volutes percutent, tout ça se danse athlétiquement.
Sur la deuxième moitié Astra song, pop mais hors-conventions, trace joliment. The man who solved the world, fin, suit sur une voie cette fois lactée. Il est bref, mais charmant. The branch lui emboite le pas dans une ritournelle mélodieuse cuivrée façon Boo Radleys. Il se pare de folk, aussi, là encore loin des cadres prédéfinis. Entre force et parure aboutie Sh*tshow de A à Z convainc, concocté par une bande largement à son affaire. Basement time, de chant à la Bowie en galop post-punk imparable, bondit et mue sans en pâtir. L’étendue de l’instrumentation lui refile du cachet, le hissant aux cimes. Des notes électro à l’envi s’incrustent, parachevant un malaxage de choix. Quand Disko Paulig vient fermer la marche, m’évoquant un Lalalar au débit parfois -quasiment- hip-hop, il va sans dire que l’opus mérite outre l’achat, vous l’aurez saisi, moults écoutes corps en liesse et tronc remuant.

©Marine Bouteiller
