Alors celle-là je l’avais zappée, la sortie d’un cinquième It It Anita! Heureusement Guillaume Collen de chez Vicious Circle, veillant au grain, m’a envoyé le son et fichtre, il a bougrement bien fait! Hi Hi Ha Ha est une démonstration, variée, rock et intense, qui remet la cabane au milieu du jardin et l’envoie de suite valdinguer. Ces mecs sont turbulents, talentueux, agités. Beef Up les voit au chant se relayer, se compléter, au gré de guitares presque Weezeriennes et de giclées dont It It Anita a le secret. L’ouverture percute, les hurlements s’invitent. Modern Architecture, encore plus ruant, suit en castagnant. Noise. Les vocaux, toutefois, virent au mélodique sur riffs mastoc. C’est la ruée, non pas vers l’or mais vers les sommets. Je pense à TH Da Freak, sur ce coup. Il y a bien pire, vous le savez bien, en termes de rapprochement. Là aussi le cri survient, puis Lion Tamer peinardement se déploie. Presque du Breeders, dans la lenteur superbe. Et de la diversité, dans un rendu d’ores et déjà élevé. La fissure se produit, vocale surtout, alors que le lancinant magnifique perdure.
Hi Hi Ha Ha j’en ris de joie, Social Dodger me maintient en liesse. Alerte, volubile. Il file. Je pressens, allez savoir pourquoi, la sortie de route. Patatras c’est le dérapage, les grattes rudoient et la noise prédomine. Bridé et lézardé cohabitent, pour un rendu au delà de tout soupçon. La fin est noisy, elle assied ce disque flamboyant. BIMB, dans une veine comparable à celle de Tamer…rappe. Enorme. It It Anita fusionne, pour le coup, avec succès et sans s’y trahir. La ruade rock prolonge l’extase, aidée en cela par des délires soniques bienvenues. Cassowary, grungy, gronde come l’Etna. Ou le Vésuve, je n’sais plus trop. Là aussi les notes dévient, les grincements instrumentaux inondent le morceau. Voilà de la belle ouvrage, taillée dans la rage. Trevor, furibard, hardcore et pas mal d’autres choses en même temps, se libère tel un geyser. Il breake tantôt, ça lui va bien au teint. Over/Under termine alors, sur plus de six minutes, lo-fi dirai-je, cuivré librement, chanté doucereusement, une galette à la hauteur de ce que It It Anita façonne magistralement depuis un bon moment déjà.

©Titouan Massé
