Years Of Shame, c’est l’escapade de deux membres du groupe coldgaze Dead.; le chanteur Berne Evol et le guitariste Brice Delourmel. Déjà performants avec ce dernier, les deux comparses jouent sous bannière Years Of Shame des trames cold qui ne sont pas sans m’évoquer Vox Low. Autant le dire donc, c’est du plus que bon que la paire nous refourgue là. Faces, première accroche forte, lancinante, froide, entre The Cure et Joy Division, s’empare déjà de l’auditoire. Son ambiance le retient, sa lenteur le pénètre. Heat, électro-cold millésimée, expose marque vocale et effluves glacées du plus bel effet, sur des abords un brin hypnotiques. Pour une première réalisation commune, les gaillards basés à Rennes et Paris réussissent…leur pari. Violence, à la brume s’évaporant, susurre et filant, poste une troisième banderille alerte. Là encore les sons séduisent, les notes cold résonnent. La cadence mue, l’attirance persiste.
Avec Primary Choice, insidieux comme Smith and Co, aussi appuyé que désempressé, l’étau se referme. L’univers Years Of Shame enclave, sa pertinence n’a d’égale que son excellence. Trust, bordé d’indus, m’amène à me dire que chez Icy Cold, le duo est parfaitement à sa place. Les chants chuchotent, le climat se grise. Le mix de Welt Motors (alias Martin de Modern Men) et le mastering de l’italien Maurizio Baggio (Avant! Records, The Soft Moon, Boy Harsher) met le tout en exergue, au point de nous le rendre difficilement dispensable. Echoes, saccadé, aux phases aériennes, hausse le rythme et décélère ensuite. L’option n’est pas sans effet, les vocaux non plus. A ce moment là j’adhère, sans rémission.

©Dari Mos
Plus loin Lights, électro déphasée, percute les sens. Il déraisonne, c’est de toute manière hors-cadre que Years Of Shame s’illustre. L’indus là encore guette, bien disséminé. La fin se profile alors, huit titres c’est certes bref mais l’attention par ce biais demeure. Terror, sur plus de six minutes, joue à ce moment précis un jet cold syncopé, dark et entrainant, dans la parfait lignée de l’opus livré. On ne se fera pas prier, à l’issue, pour évoquer Primary en termes élogieux à tout être susceptible de s’y abandonner. Et puis avec un titre pareil, pensez-vous…

