Excellent label indé, Idiotape Records s’en sort avec les honneurs. Bien belles sont ses K7; celle des Australiennes de Private Wives ne déroge donc pas, de suite fouettée par le rock de l’inaugural Can You Hear Me. On l’entend, c’est une certitude, tant il fuzze et éruptionne. Garage, punk et élans riot s’entremêlent. Tough Man, chargé de confirmer, s’en acquitte avec dans sa besace féminisme mutin, chœurs sucrés et là aussi, rock offensif. A peine fini et voilà Blood In The Water, au titre éloquent, grondant, lui aussi percutant. Les Dames ferraillent, les voix se répondent et les guitares envoient. Tout ce qu’il faut, à l’arrivée, pour s’imposer sans avoir à forcer le trait. Evan bruisse, noisy, pour bien vite prendre des airs Breeders. Il se retient, ça lui va bien. Dans le bridé les filles de Wollongong se font valoir, autant que dans le déchainement. Scream, sur batterie au galop, reprend l’option frontale.
A mi-chemin, déjà, on se laisse terrasser. La mélodie perce, de temps à autres, jusqu’à solidifier le tout. Les cris aussi, nourris. Heartlines, qui grésille, lance une énième attaque dans un premier temps saccadée, qui le reste et là aussi le chemin emprunté fait son effet. De ce fait l’ouvrage respire, avant que l’excellent Haymaker ne le fasse s’asséner derechef. La féminité persiste, elle joue là parfaitement son rôle. Elle transpire, irrigue Three of Swords et l’encanaille aussi. Sloe, pas loin du doom sur ses premiers élans, marche sur un fil. Il hypnotise, de ses plans réitérés. Suit à ce moment Driving Me Crazy, à la mélopée salie, à la colère rentrée mais parée de coups de sang notables. Le rendu est élevé, la dextérité du trio indéniable. The Fool, de motifs entêtants en chant doucereux, s’emporte rythmiquement. Hirsute et magnifique, il met fin à l’album avec panache et consacre la récurrente qualité de ce dernier.

