1003 vient de Marseille; pop, indus, rock et électro le façonnent. 0.3 est son deuxième EP, le projet est encore jeune et de ce fait, surprend par sa maîtrise globale. Ici la visite dévoile tout d’abord THE END en ouverture, façon N.I.N, susurré, à la fois insidieux et asséné. Ses boucles opèrent, ses sons font tripper. Son break flirte ave les nuages, puis THE CONTRADICTION riffe à la Killing Joke première. The Wait. Influencé oui, concluant tout autant. Le morceau grésille, post-punk vivace. Les sonorités là aussi font mouche, les vrilles également. THE DEBATER, spatial et frémissant, syncopé, étend la palette. Stylistiquement, 1003 n’a pas de loi.
Un brin plus loin THE HOLE IN THE GROUND, trip-hop saccadé, confirme la largesse du rendu. On pensera bien évidemment à bien d’autres bandes, mais le résultat surnage. Bowie, Massive Attack, Coleman and Co comme cité plus haut, Reznor bien sûr surgissent in the spirits, mais 1003 fait foi. Sur THE HOLE IN THE GROUND une embardée symphonique survient, racée. THE BODY, céleste mais alerte, de ses sphères psychotropes, agit favorablement. On a là des gars doués, il y a encore à s’émanciper quelque peu mais la base est solide. THE BODY coupe son élan, se perche, et fait usage de ruades cold bonnardes. Il frise la perfection. Enfin THE SHAPES, en y mettant les formes, sert pour conclure des ruades groovy, des giclées euphorisantes, qui permettent à 0.3 de se clore comme il avait commencé, dans l’estimable donc.

©Thomas Greffeuille

