Baïonnette a pour lui sa spontanéité, sa vérité, son absence totale de compromis. A deux seulement les gaillards enfantent un bruit remarqué, hardcore et intense, colérique et en coup de trique éructé. Abandon Before Cowards, sur quatre titres, en fait agilement étalage, dans la rage. Capté dans la vigueur du live, il débute par un Abandon Before Cowards éponyme qui sur près de dix minutes en rut, au gré d’un chaos sans inertie aucune, convaincra le récalcitrant. Et pas que lui. Riffs aiguisés, tempo variable et rancœur audible font bon ménage, servant un produit fiable et dénué de faux semblants. Des passages aérés font respirer l’ensemble, d’autant plus pertinent. Abandon, de durée bien plus brève, matraque avec savoir-faire. C’est un déluge, rythmique, sonique.
Quelques hallebardes plus loin Before, de batterie-galop, caracole et envoie tout valser. La force de frape est impressionnante, l’absence de courbettes louable. Le morceau finit lourdement, imparable. Baïonnette perfore, sans se bâillonner il l’ouvre toute grande et gueule ouvertement son rejet. Sa dernière livraison, Cowards, se débat dans une phase sauvage, de tempo changeant, qui au final ne fait qu’asseoir son style. A découvrir si ce n’est déjà fait, le Baïonnette d’ Alex (The Prestige, New Favourite) et Dw19ht (Junon, Ipkiss) lance là un pavé dans la mare du conformisme, tachant vaillamment toute forme de production proprette.

