Woest, volontairement repoussant, en vient de ce fait à attirer. Black métal mêlé de techno, d’indus et de textes…vomis, à bas d’histoires de vie(s), il impose de nouvelles textures. La Fin de l’Ère Sauvage (2017) puis Le Gouffre (2019) ont d’ores et déjà sanctionné son parcours, pour ma part je le découvre avec ce Vomir à Outrance où d’emblée, le putréfactionné Dionysiaque se blacke massivement avant de breaker dans un trou noir aux mots/maux. Les Marseillais se démarquent, au départ on se barre puis l’on revient saisi par le genre enfanté. Sous-Sol, d’assauts à la batterie cinglée en guitares qui après ça dessinent des mélodies, alors que le beat techno en fond se fait entendre, pousse une autre beuglante démente. L’Humiliation dans le Sang, aux riffs de pierre, vocifère come Lucifer. Woest met des coups de tatane, dans le paysage musical comme dans un quotidien ici purgé. Son ire y’a pas pire, pas mieux non plus et une forme de grandiloquence tantôt la borde. L’identité est bien plantée, ça va sans dire.
Les Déchets de l’Âme, réjouissance toute de noirceur vêtue, se fait toutefois plus « aérée ». Mais le vice demeure, niché dans les écrits, tapi dans l’instrumentation. Conçu sur de successives années, Vomir à Outrance se nourrit de rance et parvient ainsi à l’excellence. Si on reste en phase, évidement, et ce n’est pas chose facile. Les Déchets de l’Âme s’emballe, termine dans l’abime. Déterminé à Puer la Merde, avec son amorce électro presque dansante, glaviote un black de démon. Woest est sans pareil, le morceau retombe et l’ambiance glace délicieusement. Vomir à Outrance, effectivement outrancier, marie bestialité et passages davantage « polis ». Il est de poids. Brûler, hors-contrôle, bastonne. La charge est rude, Vomir à Outrance en est l’exutoire. Il y peut-être de l’espoir, Ode à la Pluie et ses voix cinématographiques sacre la putréfaction, la mort, dans un déluge orageux. Sur huit minutes il s’abat, pachydermique. Enfin Hidden Track, ruisselant, bref mais ouvertement pluvieux, ferme la trappe et broie lui aussi du gris, si ce n’est du noir, en conclusion d’un ensemble tiré d’un vécu pour le moins amer.

