Un premier EP, du live en veux-tu en voilà, et voilà que NASTYJOE nous livre son premier album. The Cure, Blur ou Fontaines D.C sont à son endroit évoqués, c’est juste mais le constat s’impose: doué, NASTYJOE trace ses propres lignes. Avec lui le vulnérable devient atout, il introspecte et son spectre -humain, musical aussi- est parfaitement tenu. Les brisures, acceptées, permettent l’avancée. Post-punk de manière globale, l’opus sait aussi dévier. Strange Place, alerte, l’amorce vivement. Les synthés s’incrustent, bien portée la mélodie gicle. De velours en allant, et bon an mal an, le propos tient le cap. The House, éponyme, use de gimmicks efficients. Une patine pop existe, d’un apport audible. L’emballage est adroit, emballant dirai-je. Dog’s Breakfast, post-punk là aussi bien orné, va en ce sens. La basse danse, l’énergie se drape de prestance sonore. Worried For You maintient un niveau élevé, on s’en fera pas pour lui et encore moins pour ses auteurs.
Dans l’élan Hole In The Picture, entrainant, exalte lui aussi. L’unité de The House est incontestable, sa vigueur jamais gratuite. Wire, entre motifs rythmiques presque tribaux et groove une fois de plus porteur, s’assène puis breake. Things Unsaid pt. I, premier volet d’un duo à noter, allie notes fines, mais vives, et chant loquace. L’instrumentation se met en évidence, fait en l’occurrence récurrent. Things Unsaid pt. II, appuyé, s’ajoute ensuite à la cohorte des titres flamboyants. L’impact persiste, jamais pris en défaut NASTYJOE empile les pépites. Blood in the Back, incandescent, en est. Il trace, crisse, place des excès délectables, une incartade céleste. Cold Outside, enfin et s’inspirant d’un déroulé faussement posé, termine sans lui porter atteinte un disque majeur, synonyme de confirmation pour NASTYJOE et ses thème profonds, pensés, de nature à accroître son pouvoir d’attraction.

©Alban Gatti
