Ex-Ottis Cœur, Vera Daisies initie son projet solo. Grunge, pop et shoegaze en constituent le socle. CLEVER GIRL est son premier EP, il fait suite à des dates avec The Libertines, Tess Parks ou encore Sorry « from London » ». Pour ouvrir ça carillonne comme j’aime avec Chess Game, noisy et mélodique, entrainant, concluant. Juste assez de bruit, et de mélopées, pour ravir son monde. 666 en fait, à son tour, sur des tons grungy tout aussi bien ficelés. Des abords pop s’y lient, le rythme gagne en ampleur. Les guitares mordent, l’efficience est évidente. Take It Slow, plus « ralenti », se pare toutefois de pointes bruitistes. Restent, remarquables, les colorations poppy. Au mitan des trois genres précites Vera Daisies, à son aise, façonne des mini tubes indie.
En ce sens Missing Something feat. Sloe Noon, fissure shoegaze (en son début) bienvenue, à la Pixies dans les « grattes », alterne quiétude et soudains excès. Son terme s’emballe, l’EP crédite son autrice et laisse préfigurer le sans-faute. La subtilité de Can’t Blame You le confirme, on a face à nous un produit fini. Le morceau s’anime avec finesse, lancinant. Les guitares tonnent un peu plus, font des virages, et CLEVER GIRL prend alors fin sans accroc aucun.

©Laurine PAYET
![Vera Daisies « CLEVER GIRL » (EP. [PIAS] France/Sony, 16 janvier 2026)](https://www.muzzart.fr/wp-content/uploads/2026/01/Pochette_by-Laurine-Payet-PRIVATE-1024x1024.jpg)