FauxX c’est Joachim Blanchet (Claviers / Machines & Voix) et Jean-Baptiste ‘Job’ Tronel (Batterie), l’un issu de Hoa Queen et l’autre de Tagada Jones. Majoritairement indus, mais loin de s’y enfermer, le duo délivre avec ce Anteroom une galette brouille-pistes captivante. Hyperwar, en ouverture, conjugue chant crié, presque inhumain, et pachydermie d’un groove fatal. Sombre et enragé, le propos se dépare de toute forme de complaisance. Des airs grandiloquents s’incrustent, il va sans dire que l’idée est louable. Pour son troisième jet la paire, à l’identité affirmée, démarre fort. Dig, plus frontal, largue une deuxième balise du même tonneau, à l’allant inendiguable. Sons bourrus, soubresauts façon Godflesh ou encore, le Treponem Pal des débuts. Vrilles synth, changements de climat incomparables et qui nous tombent sur la râble. Le rythme se met à tracer, retombe ensuite, dans la foulée Sun Of Despair greffe flux triturés, catapulte de la cadence et vociférations suivies de relatives modérations.
FauxX frappe fort, progressif dans le sens ou ses atmosphères s’imbriquent et génèrent de sensations tranchées. The Revealer (ft. Diego Janson – Karras), noir, plombé autant que leste, dégorge un indus que Ministry n’aurait pas renié et que l’invité, remonté, sert de sa présence. On ne résiste censément pas à FauxX, que Burnt Velvet Retinas emmène plus haut encore. Secousses électro-indus, vocaux comme à l’habitude hurlés. Créativité, sonore comme dans les genres enfantés. Écorché, visqueux et maestro dans sa mouvance, le projet se passe d’approbation. Son contenu pour lui plaide, il s’aère tantôt sans y perdre de son impact. Latch On, au ralenti oppressant, fait dans l’aérien intense. Aussi varié qu’uni, Anteroom impressionne.

©Jacques Rolland
Sur sa fin l’opus, en guise de surprise et loin de lâcher prise, lègue son Here Comes The War (New Model Army cover) qui tout en m’évoquant une période bénie, fait preuve de goût et offensif, se loge dans les gencives. Fichtre, quelle puissance! Je la chante bien sûr, en converti depuis belle lurette de Justin Sullivan and Co. Auparavant Demiurge Data, asséné, aura confirmé l’optimale forme de FauxX. Je découvre ce dernier, je l’avoue, avec la sortie ici décrite. Je m’en félicite, les tardives trouvailles n’en sont que plus précieuses. Poison Life, chargé de clore celle-ci, s’en acquitte dans des ruades agrémentées de synths dérangés, en salves groovy qui confinent à l’obsession et parachèvent un ensemble terrassant .
