Paru en 1980, le premier album d’Alan Vega ressort, en ce mois de janvier, via Sacred Bones. Dans sa version usuelle, mais aussi augmentée de bonus pour l’autre support proposé. On retrouve là, non sans plaisir, le groove du comparse de Martin Rev, remasterisé par Josh Bonati à partir des bandes originales. Blues, rockabilly et touches à la Elvis en font le sel, Jukebox Babe de son minimalisme sautillant fait d’emblée danser le quidam. Ses fines notes, son racé chanté l’avantagent de concert avec l’harmonica. Kung Foo Cowboy, dans la foulée, poste motifs répétés et ruades bluesy estimables. Fireball suit, rockab’ déviant et bruits dérangés à l’appui. Le chant reste Elvisien, il fait indéniablement effet. Des cris percent le tout, Love Cry dans un ralenti céleste l’étend avantageusement. Speedway prend alors le relai, alerte, dépecé, sans charge en trop. Quasiment lo-fi. Ice Drummer, à la Velvet Underground en termes de notes, convainc pareillement. Bye Bye Bayou, galopant, met ici de la vie. Surfy, sauvage et râlé. Lovely, finaud, dénué de hâte, clôt alors la collection.

Voilà pour l’album usuel, d’une portée renouvelée par la reparution en question. Sur les bonus du Deluxe des démos sont offertes, à nu bien sûr, dans la réalité de ce que Vega aimait à construire. Avec Collision Drive, également prévu le même jour et qui à l’époque fit d’ailleurs suite à l’éponyme galette, c’est par voie de conséquence d’essentiels efforts qui « reliftés », remettent au goût du jour un artiste légendaire, visionnaire, dont le parcours solo extrêmement fourni mérite toute l’attention possible.
