Un album conceptuel, choral, sur les voix, la transmission et dédié aux différents langages…voilà ce que conçoit Isthmaël BAUDRY sous bannière MORPHOEX, à l’occasion de son premier album presque entièrement chanté dans ce cadre, le septième en ce nom. Déjà chanteur au sein de Spleen XXX et Love in cage, le rouennais en conserve l’obscur et se base ici sur des climats saisissants, amorçant son trip au gré de l’inaugural Vagues sidérales, avec son vent d’hiver et ses synthés d’église ou presque. D’ores et déjà une atmosphère s’impose, que Schizodrome anime davantage en créant une électro-cold au chant underground, sans hâte mais avec marque. Le rendu interpelle, il s’apparente en l’occurrence à du JAMC « figé » et l’effet ne se fait pas attendre. Méta langages, éponyme donc, se pare d’indus et grésille, vociféré dans le possédé, dépaysant. On prend bonne note, à l’instant, de la pluralité des langages usités. Un break arrive, avant la reprise d’un sublime chaos. Listen to the new noise, bien nommé, dépose alors son électro à l’orée du guilleret, que la voix toutefois tourmente. MORPHOEX puise dans son histoire, il en tire qualité et diversité. Reality is false, de ses ruades sous voix fantôme, de ses geysers de boucan qu’on prend, fait la diff’ à son tour. Tnemetohcuhc, à l’endroit comme à l’envers et vice-versa, gazouille dans la brume et susurre, aussi fascinant que ce qui a pu le précéder.

Sur ce disque, je le précise, ni sample ni IA (et c’est tant mieux !!!), le field recording prévaut. Ca l’honore, il n’en est que plus vrai encore. Confuse science illustration, entrainant, séduit de par ses vocaux, sa « coloration » musicale itou. Black and white lines, qui le suit, claque des spirales dont on ne s’échappe pas. Nébuleux, il marque (des points, par la même occasion). Vengeance is silence, dans la foulée, propose vocalises haineuses, menaçantes, et flux de sons dark au groove de folie. Après ça Kinshasa déroute, ça va sans dire, sombre et de diction proche du hip-hop/trip-hop alors que la cadence se hache et contourne l’empressement. La portée là encore est perceptible, Toniki de son tribalisme alerte et asséné la pousse une marche plus haut. Le genre est hybride, envoûtant. A l’heure où Après un cataclysme, fort de synthés à l’image du morceau d’ouverture, happe une dernière fois, enciélé, il apparait bon de surligner, précieux, le travail d’artistes vrai et hautement impliqués comme MORPHOEX et toutes les autres entités investies par le sieur Baudry.
