Not’ Mario local, Mario.D more precisely, nous revient BRISÉ. Ca tombe paradoxalement bien, c’est sous cette forme que défait, il nous refait. Ses histoires de vie fondent son socle, touchantes, et chevillent l’inaugural BRISER. Vol de synthés, léger. Chant songeur, narratif. Du bris, ce ton désenchanté qui lui aussi nous plait. Et tant pis. Solitude, créatrice. Des sons, qui percent le jour. L’intensité, qui lentement s’égrène. Des guitares, façon Rioma donc racées, mordantes, qui te restent en tête. Une pochette, florissante, qui m’évoque l’ énorme IABF des Thugs. RENONCER, merveilleusement résigné. Une alerte perdition, sur de l’électro-cold spatiale et enlevée. Des gimmicks, bien trouvés, et des chœurs un peu plus que beaux. Ah tiens j’ai dégoté l’album de Downset, en soldes à la FNAC, rareté indispensable. Et demain le maestro Mickaël Naassila intervient, à la biblio, sur la thématique de l’alcool. Ayé j’ai digressé, je peux désormais reprendre le fil. SURVIVRE, répété à l’envi. Crié, comme pour s’en convaincre, sur nappage de synths imaginatifs. Bastonnade électro, volutes enjouées et on n’a plus qu’à se les rejouer.
BRISÉ recolle. Les morceaux. Au puzzle de la vie Mario.D s’escrime, il trouve les justes pièces. BRUIT, de rythme sec en vrilles aériennes bien senties, à bout de force. Mais pas d’idées. Les nappes réjouissent, elles grisent et donnent dans le léger. La zik est thérapeutique, les variations apportées à BRISÉ m’ont tout l’air de figurer de changeants états d’âme. CENDRIER, où les pensées virent au mortifère, où la quête de joie engendre l’affliction, se hache et s’élève, dans les cieux, comme pour aller reposer. Ou faire comme si, laisser paraitre, sombrer dans une inendiguable désillusion. A LA RUE, en quelque sorte, de l’existence. Pourquoi est-ce si beau, une fois mis en son, la dérive? C’est une base sûre, si ses jours gazouillaient peut-être bien que cet homme que nous aimons tous nous immolerait d’ennui. Ou pas, allez savoir. Toujours est-il qu’avec BRISÉ le pluriel artiste (se) (re) construit, dans la lignée de ses efforts d’avant, semant par ce biais une discographie nourrie de ressentis, d’une portée verbale et musicale qu’il serait malvenu de nier. Il célèbrera ça dans la city même, le jeudi 15 de ce mois, à l’occasion d’une Release Party aussi inratable que les six titres de ce BRISÉ parfaitement troussé.

