Snooper vient de Nashville, il joue du punk/post-punk grésillant. Une voix féminine le mutine, les douze titres de ce Worldwide catapultent le groupe. Opt Out déjà trace, lancé à toute berzingue. La basse est grasse, les guitares efficientes. On Line sert une giclée sauvage, à peine au dessus de la minute. Company Car surfe d’abord, ensuite punk et rapidissime. Les touches surfy reviennent, dérapant. Le tout a de la tenue mais irrévérencieux, sait surtout ne pas se tenir. Worldwide, éponyme, riffe sec et se passe de fioritures. L’efficacité est de mise, couplées à des écarts soniques foufous. Guard Dog, de sa batterie courant, maintient le cap. D’une seule traite l’opus défile, sans fausse note en termes de qualité. Hologram, de synthés rouillés en cadence vrillée, fait lui aussi impression. Snooper, solide, dépote de manière incisive, persuasive. Star 6 9, crissant, sent lui aussi le soufre.
On se prend vite au jeu, il y a là un côté riot loin de déplaire. Blockhead sonne hardcore, consolidant un album déjà diversifié. Come Together, de notes reggae en élans post-punk, reprend les Fab Four avec déviance et inspiration. Pom Pom lui succède dans la vitesse, direct et comme nombre d’autres réalisations, de suite convaincant. Relay réitère l’urgence, moins frontale cette fois, pour à son tour étendre le champ. Vigueur et idées louables, force de frappe font le sel d’une excellente cuvée. Le titre s’emballe, dans le mouvement Subdivision impose un terme à la section rythmique pulsant, unie, doublée de sons trippants. La différence est ainsi faite, hissant Worldwide au rang de référence de sa mouvance.
