La Rate Timide vient de Madrid, s’est formé dans le tout-féminin il y a environs un an et de suite j’ai dit oui au quatuor, dépositaire de ce Ya lo han hecho antes à l’indie parfaite, canaille et dynamique comme elle peut faire briller ses voix. Les filles ont de la rate, loin d’être timides elle se font vaillamment entendre. Mal souffle un vice sonore que l’Espagnol rend exotique, dans une dégelée nourrie. Nappes spatiales et crachins soniques cohabitent, le chant se fait colérique. La Piscina, plus délié, suit avec grâce. Son aérien, léger, séduit. Verano Rápido, dans l’instant suivant, impose le Français dans le chant, d’intérêt qui plus est. Son tempo retenu, son climat attirent et retiennent. Le « Spanish » revient, volubile, encanaillé. Le rythme enfle, le bruit domine.
Bon à s’envoyer Ya lo han hecho antes, sur son second volet, défile un Mi Amigo plutôt doucereux. Rêveur, puis soudainement noisy. La réussite est de rigueur, Segunda Capital la réitère sur un brassage de mélodie et d’énergie. L’opus des madrilènes dégage prestance et vérité, Faccia to Faccia a par ailleurs le mérite de le finir en trombe avant de se faire plus tranché, livrant une issue impeccable. Les vocaux, vindicatifs, se greffent aux dérapages instrumentaux. La Rate Timide, pour un groupe si jeune en termes d’existence, s’illustre.

