Duo allemand, Nadja se compose de Leah Buckareff & Aidan Baker. Leur doom-ambient dépayse, orné de « french horns », d’une harpe et de saxophones qui en poussent la portée tout en la faisant se diluer, expérimentale. L’hypnotisme est de rigueur, les quatre longues plages de ce Cut à la lenteur pénétrante faisant forte impression à partir de l’inaugural It’s Cold When You Cut Me, fort de poussées répétées. Une voix fantomatique en émerge, d’un apport certain, au beau milieu des coups de semonce épars. Libre, lézardé, le morceau surprend. Et captive, sur plus de quinze minutes. Dark, No Knowledge, dans la foulée, semant une noirceur angoissante. Des trouées doom aussi, greffées à des motifs brumeux. On se laisse engloutir, sans trop de résistance, par ces chapes inédites.

Ainsi She Ate His Dreams From The Inside & Spat Out The Frozen Fucking Bones, long et sans ennui, prolonge t-il le procédé. Il débute finement, fait dans l’aérien. Sans heurts il s’élève. Immersif exigeant aussi, l’album saisit. Il se passe de normes, Omenformation vient alors le clore dans un pesant à faire pâlir Godflesh de jalousie. L’avancée pachydermique du titre régale, ses chants éructés itou. Expérience hors-champ, l’écoute de ce Cut ne peut laisser de marbre.
