Jach Ernest « Esconaquito » (Tepane/Bordeaux Rock/Safe In The Rain Records, 20 janvier 2023).

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Jach Ernest déboule de Bordeaux, je le savais pas. Je le connaissais pas. Esconaquito serait son quatrième album, je le savais pas. Il n’empêche qu’à l’écoute, il m’attire. J’entends là Pavement, là-bas et partout Jach Ernest, un peu partout de l’indé 90’s joyeusement mélancolique. En neuf titres, la bande des quatre nous plie en deux. Déjà le premier de la série, éponyme, file bon train et convainc par son entrain. Mélodique mais aussi, et surtout, espiègle. Cuivré, comme il faut. Sans trop en faire. Un peu de bruit, parfois beaucoup. Des mélodies, pas trop polies. Des morceaux loin d’être sots, bien que superbement naïfs. La recette se savoure, Marmotte Mountain la réitère avec des notes qui chatoient. Je me demande bien, sans trouver de réponse, pourquoi je n’ai pas dégoté ce combo plus tôt. Mieux vaut tard que jamais, t’façon. Milady’s Treat me retient lui aussi, sautillant. Bon, il faut bien le dire: on trouve plus souvent pire que meilleur. Nei paradisio degli orsi, en Italien parce qu’ici, tu as le Franssé, l’Anglé et la langue des Ritalles, dépayse et, de par ses notes folky, étincèle jusqu’au petit matin.

Gold digger, haché, lui succède sans tomber. On écoute avec bonheur, encore, les notes réjouissantes que joue le groupe. Ses airs avenants, peaufinés. Son chant de fille, forcément accepté. Et Marmelade, d’une indie-pop à niquer les références du genre. Un peu Breeders, hyper abouti. T’en veux plus? Ca tombe bien, il en reste! Attention Jean à Kiki, peinard, canin, instaure notre langage. Celui de Molière, oui exactement, celui qui a écrit Les lettres de mon moulin. Ma culture part en confiture et le titre, lui, s’emballe. Excellent! Les voix aussi, bref j’adore. Light bulb se raffine, avant de saupoudrer une pop gentiment épicée. Jach Ernest, à coup sûr, n’est jamais dans le dur. Son essai de fin, 20 curved tiles for daddy’s shed, grésille avec brio. On est là, et pour une dernière fois, à la croisée du soigné et du plus sonore. A l’arrivée il s’avère difficile, après audition, de se défaire de ce disque-chat qui nous ferait miauler de satisfaction.