Luje « Raving Track » (L’affect/Confiture, 3 février 2023).

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Lyonnais, ce qui l’avantage déjà, Luje dévoile un shoegaze, une dream-pop enlevée, qui lui font marquer des points. Raving Track est son premier album; il voit les mecs pondre, comme à la parade, dix titres parfaits aux élans sonores irrépressibles. Distilled thoughts, dans la brise d’une rêverie agitée, dreamy, éthérée, à la voix douce, se fait remarquer. Ca accroche à la seconde, on a là, de plus, un joli déluge à se fader bien volontiers. WithoutYou, au second rang, fait lui aussi scintiller ses airs. Avec, dans le sac à dos, une vivacité qui lui fait honneur. My BloodyValentine évidemment, entre autres influences de renom, n’est pas très loin. Oblique projection, un peu plus post-punk, s’en vient parfaire le trio d’amorce. Le rendu est sonique, syncopé, aérien mais bien fougueux. Le doute s’estompe, la valeur de ces gaillards-là n’est pas à mettre en doute. De brefs éclairs surgissent, histoire de zébrer leur ciel. Whale, en à peine plus d’une minute, instaure une trouée psyché psychotrope. On prend alors conscience, clairement, de la cohérence d’un disque qui ne reste pas planté sur ses atours.

In the plain, under the halo, s’il renoue avec du noisy, laisse aussi ses vocaux se sucrer. L’alliage est réussi, le 90’s lover est « sûr et certain » d’y trouver son foutu compte. Des envolées enflammées, sur lit de mélodies en perles d’étoiles, s’installent dans les compositions. Ca enchante, ça secoue aussi et clamons-le, nous aimons ça! New mantra, folky, indie-pop, reluit et séduit. Luje, même lorsqu’il relâche la tension, performe tout autant. Le morceau s’emporte, tout en restant soigné. Raving track enfile les régalades, son bruit se recueille avec un bonheur non feint. Motorik Drumming & Sizzling Landscape, au nom seyant, kraute nos sens. Dans le même mouvement, il fait son Yeti Lane.

Et bim!, le voilà qui s’encanaille mais alors grave! Il fulgure, à tout-va, sans quitter les cieux. Everyone’s changing forever suit, dans une étoffe plus posée. Plus loin et pour finir Italia, d’abord, poste un mid-tempo vanillé. Dream-pop, élégante. Qui se pare, on prendra sans râler, de cinglages plus appuyés. Bored, chargé de finir le taf, développant un terme dénudé, à l’attrait total truffé de motifs furtifs. Luje, doué, jeune mais crédible et bien audible, s’illustre là d’un Raving Track auquel aucun défaut ne peut être censément attribué.