Agar Agar « Player Non Player » (Cracki Records, 20 janvier 2023).

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Duo électro pop au champ d’action décalé, Agar Agar unit Clara Cappagli et Armand Bultheel. Player Non Player, auquel se joint un jeu vidéo du même nom, est le nouvel opus du duo. Il servira de support à un festival également en marge, nommé Agar Agar and Friends Multi Party, qu’il serait de bon ton de fréquenter. Mais pour l’heure, intéressons-nous donc à la galette, le premier constat émanant des écoutes consenties me forçant à le dire; elle captive! Jamais figée, jamais linéaire, elle explore un spectre large. Débutant dans le vert (Grass, porté dans un premier temps par des claviers embrumés), il se syncope, alors que sonne la voix de Clara. Ca se met en branle, ça se fait plus vif. Les motifs virevoltent, on est là dans le spatial qui pulse. The visit, aussi imparable qu’un Radio Rod signé Battant, met le ruban sur le paquet cadeau. Superbe offrande. Sons alertes, chant un brin mutin, tempo enlevé, y’a tout là! J’entends même, dans certaines effluves, poindre les 80’s. Le genre de truc que c’est sûr, lundi au boulot je le chante in my desk (je suis en congés, m’est donc venue l’idée d’évoquer ces Agar Agar méritants à bien ces égards).

Avant ce désastre (je parle de mon chant) Trouble, enrichi lui aussi de sons lèche-babines, sème son exotisme remuant. Electro-pop, toujours, et qualitative. Mais là, on s’évade. J’en suis, sans hésitation! On retombe avec Odile, en excellente compagnie donc, sur des tons plus lascifs. A chaque étape, Player non player fait mouche. Ici rêveur, il l’est aussi sur Dragon, en son début. Aux portes du psyché, il flotte. Dragonlie, sur tempo quasiment hip-hop, prolonge l’indolence, prenante, d’un passage dans lequel on se love. Crave, sombre mais doté de sonorités guillerettes (si si, c’est jouable et Agar Agar le fait très bien) qui ensuite se darkent, réinsuffle du déjanté. Via le chant, via ses nappes. Agar Agar excelle, son Fake names l’amène sur des terres douces-amères magnifiquement ornées. Tellement obsédantes, aussi, quand ses décors virevoltent.


2ème photo: Naïa Combary.

Tu l’auras saisi lecteur, lectrice: la paire homme-femme performe. Leurs abords se triturent, je suraime ce qu’ils font là! No pressure, histoire de se détendre, initie une pop ondulante. On relève, encore, l’étayage imaginatif. Etoilé, mais aussi appuyé. Dude on horse suit, délié. Agar Agar, changeant dans ses cheminements, variant dans ses vocaux, reste pourtant cohérent. Tout le temps. Plaine, vaporeux, chloroforme les esprits. Enfin It’s over, ombragé, pris dans la brise, de notes en roue libre, conclue sans jamais flancher. Guettez les lives, ça vaudra sans nul doute le détour. Dans cette perspective Player Non Player, lui, nous rendra l’attente -et la quotidien- bien plus viable, en abordant de plus des thématiques bien loin du stupide.