Magon « Enter By The Narrow Gate » (December Square/Kuroneko, 2 décembre 2022)

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Après son A Night In Bethlehem qui ne date que de 6 mois Magon, qu’on a à la bonne, nous revient avec les dix trésors mélodieux d’ Enter By The Narrow Gate, sa nouvelle oeuvre. Sans changer son procédé, bien tenu, il laisse libre cours à sa pop large, cool et d’entrée de jeu plaisante. Voire plus, bien plus tant ses morceaux restent en tête et se veulent immédiats. Ca prend sans délai, To Be Me fait valoir sa pop légèrement psyché et sans hâte, avec une touche de flemmardise, aiguise notre gourmandise. On retrouve, intact, le savoir-faire de Magon. A Simple Mind, plus vif et acéré, lui donne ensuite le piquant qui au bout du compte, fait de l’opus en présence un effort à situer dans les plus estimés. L’étonnant tenant dans le fait que Magon, ici et une nouvelle fois, ne donne nullement l’impression de forcer. Tout s’enchaine simplement, sans surcharge aucune. One Step At A Time, raffiné, présente des airs polis et climatiques de nature à étendre le spectre de l’opus. Les guitares enflent, on relève de discrètes touches country. Des sifflements aussi, une légèreté qui fait instantanément la différence.

Plus loin All Over The World, sans plus d’empressement, imprime ses tons. Délié, cuivré dirait-on, mais je peux me tromper, avec parcimonie. L’issue, en tout cas, est bien fringante. Enter By The Narrow Gate, éponyme, lance alors des ritournelles griffues. Excellent. Il calme le jeu, en chanté-parlé de marque. A sa suite Under The Trees, lent comme du Pavement, remet de la glace dans la cornet. Magon est bon, Jackie Says se countryse avec allant. Et c’est parti, ici aussi, pour un jeu de choix. Sans poids en trop, comme dit plus haut. Valeur désormais sûre Magon, dans une certaine discrétion, fait ses preuves à chaque étape. Emily et ses saccades, ses sons dans l’air, fait sensation. Vers la fin Another Song, Another Day, dénudé, s’élague -pratiquement- de toute parure. Avant, tout de même, de laisser sa batterie l’animer. Il mue alors en pop détendue, irrésistible. Puis White Feather, terminal, instigue une fin pleine de coolitude. A la Magon bien entendu, ce qui fait que sans attente le rendu paye. Avec en sus, cerise sur le Enter By The Narrow Gate, la récurrence d’une décoration sonore qui sans conteste, sert l’intérêt du résultat.