Quantum Quantum « Mirage EP » (Le Cèpe Records, 25 novembre 2022).

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La « pop solaire », la plupart du temps, m’irrite, me laissant sur ma faim. Trop légère, trop doucereuse. Heureusement il existe, dans la cohorte des groupes qui la pratiquent, des exceptions. DEGAGE, ou encore les lillois de Quantum Quantum dont je vante ici les mérites, en font partie. Leur Mirage, bien réel, tire en effet le rideau sur cinq chansons séduisantes, planantes mais sans oublier de, tantôt, secouer le cocotier d’une rêverie bien orchestrée. La rencontre se charge d’ouvrir, dans le vent mais piquant, aussi. Doté, on l’entend avantageusement, d’une pluie de sons psych-pop gentiment sulfureux. On part donc bien, un coup d’oeil à la pochette incitant par ailleurs à un farniente estival en contradiction avec l’hiver qui accueille le disque. Mirage, alerte et éponyme, renvoyant une brise qui nous fera le plus grand bien. On traite, sur l’ep, des rêves et de la manière dont nous les percevons. Le thème est par conséquent, en plus de la valeur sonore de l’ep, sans niaiserie aucune. L’assemblée a devant elle tous les ingrédients pour adhérer, effectuant pour le coup une trouvaille à fourrer dans les platines.

Au mitan de l’épopée Hôtel Le Mouvet, céleste, sert de soudains excès. On se laisse sans rechigner, ici aussi, séduire. A Lille résident de nombreux projets notables, Quantum Quantum est bien évidemment à inclure dans cette caste. L’ep sort chez Le Cèpe, ceux qui connaissent savent parfaitement que dans ladite structure la récolte s’avère très souvent fructueuse. Les synthés, sur Le rêve d’Alice, nous entrainent avec eux. Le morceau se syncope, se pare comme le reste de sonorités bien trouvées. La voix est amicale, les guitares pimentent le morceau qui néanmoins, conserve sa parure psyché, volante.


Photo Coline Carpentier.

L’issue est encore probante, on peut commencer à se dire qu’on tient là un EP de début à ne pas négliger. L’impression est entérinée sur la fin des débats, au son d’un Sommeil Sommeil entre cinglance occasionnelle et tourbillon de plumes. Quantum Quantum se révèle d’emblée, lumineux et bien conçu, en ayant le mérite de ne pas sombrer dans le tout doux. Affaire à suivre, par conséquent, que ce clan du Nord qui s’il devra confirmer, ça va sans dire, se hisse d’entrée de jeu à un niveau qui force à la considération et incite à l’écoute investie.